Bruxelles finalise sa stratégie hydrogène

Le 18 juin 2020 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Coupler énergies renouvelables et production d'hydrogène : un rêve européen.
Coupler énergies renouvelables et production d'hydrogène : un rêve européen.
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La production à grande échelle de ce vecteur énergétique pourrait créer 140.000 emplois.

 

Trois semaines avant sa publication officielle, Euractiv a diffusé, ce jeudi 18 juin, le dernier projet de stratégie européenne de l’hydrogène. Ce vecteur énergétique, indique la note de 10 pages, contribuera à accroître l’ambition climatique des 27, en facilitant la décarbonation de certains secteurs, comme l’industrie et les transports.

Le chiffre d’affaires européen de la production d’hydrogène pourrait atteindre 140 milliards d’euros en 2030, contre 2 milliards aujourd’hui. Il faudra, pour ce faire, que cette activité soit verte et compétitive. Près de 140.000 emplois pourraient être créés en Europe, en 10 ans, autour de cette activité. Voici comment la développer.

Première idée : multiplier les usages. L’hydrogène décarboné (produit par des énergies renouvelables ou nucléaire) est jugé prometteur pour l’aviation, la marine marchande, les trains, les camions, les bus. Il pourrait aussi contribuer à décarboner la production d’engrais, d’acier, de produits chimiques et de ciment. La Commission voit aussi dans l’hydrogène un bon moyen de stocker l’électricité produite par les sources intermittentes (éolien, solaire).

Seconde idée : créer des vallées de l’hydrogène, où seraient concentrés producteurs et gros consommateurs industriels. Pour faciliter l’émergence de ces clusters, Bruxelles suggère de créer des programmes thématiques : acier propre, par exemple. L’exécutif communautaire suggère l’application à l’usage industriel de l’hydrogène le concept du contrat pour différence.

Troisième idée : déployer un réseau de transport et de distribution. Ce qui pourrait offrir une nouvelle vie aux actuels gazoducs. Des investissements particuliers devront être consentis pour développer un réseau de distribution dédié aux véhicules routiers.

Quatrième idée : lancer des programmes de recherche et développement pour mettre au point certaines briques du système. A commencer par de gros électrolyseurs (de plus de 100 MW), des électrolyseurs alimentés par des éoliennes, des piles à combustibles embarquées …

Cinquième : réfléchir à la géopolitique de l’hydrogène. Le développement de ce vecteur risque de froisser les fournisseurs de gaz de l’Europe (Russie, Qatar). D’un autre côté, l’Europe peut sous-traiter une partie de sa production dans des pays riches en énergies renouvelables (Maroc) ou en infrastructures gazières (Ukraine, Algérie, Egypte).