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Bruit: les riverains des aéroports sont oubliés

Le 03 avril 2007 par Bérangère Lepetit
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Le bilan 2006 de l'Autorité de contrôle des nuisances sonores aéroportuaires (Acnusa) note peu d'améliorations de la qualité de vie des riverains des aéroports. Et demande que les logements concernés soient insonorisés dans les 10 prochaines années.

Pas de pitié pour les riverains des aéroports. A en croire le bilan 2006 de l'Acnusa, les habitants vivant à proximité des 10 principaux aéroports français n'ont qu'à patienter s'ils souhaitent améliorer l'insonorisation de leur logement. «La complexité des procédures, la durée de l'opération et le solde des travaux à payer sont-ils destinés à décourager les riverains?», s'interroge l'Acnusa. «Ou bien va-t-on enfin conduire une action volontariste, planifiée et contrôlée pour compenser l'impact du transport aérien sur les populations riveraines?»

Pour aider les riverains à insonoriser leur logement, la loi de 1992 relative à la lutte contre le bruit prévoit une taxe payée par les compagnies aériennes et destinée à la mise en oeuvre de dispositions nécessaires à l'atténuation des nuisances sonores au voisinage des principaux aérodromes français. Un plan de gêne sonore (PGS) a été institué à proximité de chaque aérodrome pour déterminer le périmètre à l'intérieur duquel les riverains peuvent prétendre – à hauteur de 80%-  à l'aide à l'insonorisation. Or, 15 ans plus tard, «la procédure n'est toujours pas à la mesure de la situation», estime l'Autorité qui va jusqu'à taxer «d'immobilisme» les acteurs concernés.

Par exemple, la contribution d'un passager dans la taxe finançant l'aide à l'insonorisation est de 0,18 centime d'euro à l'aéroport de Lyon Saint-Exupéry contre environ 3 euros pour ceux de Zurich en Suisse ou de Chicago aux Etats-Unis. A ce compte-là, il faudrait une trentaine d'années pour insonoriser les logements autour de Toulouse-Blagnac et près de 50 ans pour Paris-Orly.



D'où cette demande de l'Acnusa d'instituer un plan sur 10 ans pour insonoriser tous les logements concernés. Autre idée: regrouper les demandes d'aides par quartiers ou ensemble de bâtiments pour bénéficier d'économie d'échelle au stade des diagnostics comme des travaux. L'Autorité demande que le diagnostic et les travaux soient financés à 100% lorsque le logement est inclus dans le programme.

S'inspirant des pays étrangers qui pratiquent le rachat d'habitation, le versement d'une compensation ou le relogement de riverains, l'Autorité déplore que la France ne dispose pas de moyens suffisants pour mettre en place de telles mesures. L'Acnusa souhaite par ailleurs une plus grande cohérence entre les procédures de restriction d'urbanisme en prévision de bruits futurs et celles qui donnent droit à versement contre des bruits existants. «Des municipalités autorisent l'urbanisation dans des zones exposées au bruit tout en protestant parallèlement contre l'insuffisance des aides à l'insonorisation», constate-t-elle.

Dès avril 2007, l'autorité devrait auditionner les responsables des différents services concernés au niveau local et central ainsi que les gestionnaires des aéroports. Trois sujets en particulier seront abordés: l'aménagement concerté autour des aéroports, le partage des retombées économiques du transport aérien et la gestion de l'urbanisation.

L'Acnusa rappelle que les effets du bruit sur la santé sont multiples: difficultés d'endormissement, réveil nocturne, augmentation de la fréquence cardiaque et de la tension artérielle, difficultés d'attention et de concentration. Or il n'existe pas d'études contrôlées dans des groupes très exposés comme les riverains des aéroports. Les raisons avancées? La difficulté de mener de telles enquêtes en situation de vie réelle, de caractériser l'exposition au bruit et de trouver des indicateurs pertinents de santé.

Malgré ces freins, le préfet d'Ile-de-France a décidé, dans le cadre du plan région santé-environnement (PRSE), de mettre en place un dispositif régional de surveillance des impacts sanitaires du trafic aérien aux abords des zones aéroportuaires, qui comprend la réalisation d'une étude épidémiologique.




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