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Bruit: les normes européennes insuffisantes

Le 25 novembre 2005 par Claire Avignon
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Selon des chercheurs de l'université de médecine Charité, à Berlin, la limite actuelle de 85 décibels (dB) sur les lieux de travail -qui doit être abaissée à 80 dB à partir du 15 février 2006 (1)- ne permet pas de lutter contre les effets sanitaires des nuisances sonores. La limite devrait se situer au moins entre 65 et 75 dB, notamment pour éviter le risque de maladie cardiaque.

Car l'étude allemande, parue dans l'European heart journal, portant sur 4.115 personnes a montré une augmentation -légère mais significative- du risque de crise cardiaque chez les hommes et les femmes exposés à un bruit chronique. Pourquoi? Selon les chercheurs, le bruit entraînerait un stress psychologique à l'origine de changements physiologiques, comme la montée du niveau d'adrénaline et de noradrénaline. Or cette hausse est habituellement associée à celle de la pression sanguine. Toutefois, le bruit reste un facteur de risque de maladies cardiaques beaucoup moins important que le tabac, ou encore l'obésité.

Plus précisément, entre 1998 et 2001, l'étude a analysé le cas d'environ 2.000 patients admis pour une crise cardiaque et de 2.000 patients admis pour d'autres problèmes, dans 32 hôpitaux berlinois. Des interviews standardisées ont permis de différencier les malades exposés à un bruit élevé dans le cadre de leur travail, de ceux qui subissent des nuisances sonores «environnementales», c'est-à-dire liées aux transports ou à la vie citadine. Le niveau sonore subi par chaque patient a été évalué en utilisant des cartes du bruit lié au trafic ainsi que les normes internationales des lieux de travail. Le bruit provenant de l'environnement augmenterait de 50% le risque d'infarctus du myocarde, chez les femmes comme chez les hommes. En revanche, les résultats obtenus pour le bruit au travail ne montrent un risque que pour les hommes, avec une hausse de 31%. L'auteur principal de l'article, Stefan Willich, avance 2 hypothèses: les femmes sont peut-être moins exposées au bruit au travail ou alors il s'agit d'une réaction spécifique aux hommes.

D'autre part, l'étude montre que le risque sanitaire est dû non pas à une gêne subjective, mais à un niveau de bruit objectif. «Il semble que nous ayons à chercher un seuil à partir duquel les risques apparaissent et restent constants. Ce palier devrait se trouver autour de 60 dB», explique Stefan Willich dans un communiqué.



(1) C'est la date à laquelle la France devra avoir transposé la directive 203/10/CE imposant de nouvelles prescriptions minimales de sécurité et de santé concernant l'exposition au bruit des travailleurs.




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