Bruit: la métropole du Grand Paris cartographiée

Le 03 avril 2017 par Marine Jobert
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La carte du bruit ferroviaire sur la métropole parisienne.
La carte du bruit ferroviaire sur la métropole parisienne.
@Bruitparif

La métropole du Grand Paris publie des cartes stratégiques du bruit. Les situations sont contrastées d’un territoire à l’autre, mais une évidence apparaît: les 4/5ème des Franciliens sont exposés à un niveau sonore qui peut faire mal.

75.000 années de vie en bonne santé perdues par an dans l’agglomération parisienne à cause du bruit généré par les transports. Avec ses 8.600 habitants au km2 et son réseau extrêmement dense d’infrastructures, la métropole du grand Paris (MGP) fait face à un défi majeur en terme de santé publique. C’est que 82% de sa population -soit 5,6 millions de personnes- sont exposées à des niveaux supérieurs à 55 dB(A) selon l’indicateur Lden[1], valeur à partir de laquelle gêne et conséquences sanitaires peuvent se manifester selon l’organisation mondiale de la santé (OMS). Devançant l’appel de 6 mois (voir encadré), la MGP publie des cartes stratégiques du bruit instructives.

A partir du 1er janvier 2018, les métropoles auront dans leur giron des compétences opérationnelles en matière environnementale étendues à la pollution de l’air, au bruit et à la maîtrise de la demande énergétique. Avec notamment l’obligation d’élaborer un plan de prévention de bruit dans l’environnement (PPBE), avec mise à jour, au minimum tous les cinq ans, des cartes stratégiques du bruit sur leur territoire. Si ce sont les services de l’Etat qui ont la compétence pour réaliser des cartes stratégiques de bruit le long des grandes infrastructures, ce ont les communes ou EPCI qui devront réaliser celles à l’échelle des agglomérations.

13% au-delà de la directive

Un tiers se répartit dans les classes de bruit 55-60 dB(A) (1,9 million de personnes), un quart autour des 60-65 dB(A) (1,7 million de personnes) et un cinquième entre 65-70 dB(A) (1,4 million de personnes). Restent 6% des habitants, qui sont exposés à des niveaux qui dépassent 70 dB(A), soit 425.000 personnes. En tout, ce sont 892.600 personnes (soit 13% de la population de la MGP) qui seraient exposées à des niveaux de bruit dépassant les valeurs limites réglementaires prises par la France en application de la directive bruit (soit plus de 68 dB(A)).

La nuit, pas de répit

Et la nuit n’est pas nécessairement synonyme de repos, puisqu’un tiers de la population vit encore dans un logement avec une façade exposée à plus de 55 dB(A) et 280.400 habitants (soit 4.% de la population de la zone métropolitaine) seraient concernés par des niveaux nocturnes qui dépassent la valeur limite réglementaire de 62 dB(A).

 

 

Bruyants quartiers d’affaires

Le jour, ce sont les habitants des Hauts-de-Seine qui connaissent les niveaux sonores les plus élevés, à cause de la forte densité de population vivant autour d’axes bruyants et la traversée de certaines communes par de très forts volumes de circulation en lien avec les déplacements pendulaires, notamment près des sièges sociaux (La Défense, Issy-les-Moulineaux Boulogne-Billancourt). La nuit, ce sont plutôt les habitants intra-muros qui pâtissent des bruits de la circulation.

Sur http://reseau.sncf.bruitparif.fr, suivez en temps réel les niveaux sonores aux abords des 3.700 km de voies qu’empruntent les quelque 7.000 trains qui sillonnent chaque jour l’Ile-de-France. Des données renforcées par l’installation d’ici fin 2019 de 15 stations permanentes et de stations temporaires le long du réseau SNCF francilien, validées dans le cadre d’une convention triennale signée le 28 mars entre SNCF Réseau et BruitParif.

Le train, jour comme nuit

La circulation des trains génère également beaucoup de nuisances sonores (voir encadré): 13% des habitants de la zone métropolitaine vivent ainsi dans un bâtiment ayant une façade soumise à des niveaux de bruit ferroviaire en Lden supérieurs à 55 dB(A). Mais les Parisiens sont relativement épargnés, à la différence de leurs voisins des Hauts-de-Seine, du Val de Marne et de Seine-Saint-Denis, qui concentrent notamment des lignes voyageurs (Transilien, RER, lignes TGV). La nuit, les riverains des lignes de fret subissent également des niveaux sonores élevés. Les nuisances aériennes n’ont pas pu être incluses dans les cartes stratégiques, faute d’avoir reçu de la direction générale de l’aviation civile les données actualisées.

 


[1] L’indicateur réglementaire Lden (Level day evening night) représente le niveau de bruit global pendant une journée type (jour, soir et nuit). Il est calculé à partir des niveaux sonores moyennés sur les périodes jour (6-18h), soir (18-22h) et nuit (22-6h). Une pondération de +5 dBA) et de +10 dB(A) est appliquée respectivement sur les périodes de soir et de nuit, pour tenir compte de la sensibilité accrue de la population au bruit au cours de ces périodes.

 



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