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Bruit: l’Anses dédouane les éoliennes (pour le moment)

Le 30 mars 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Il n’existe pas de procédure normalisée pour la mesure des bruits des éoliennes.
Il n’existe pas de procédure normalisée pour la mesure des bruits des éoliennes.
VLDT

Les connaissances sur les effets sanitaires d’une exposition quotidienne aux infrasons et aux basses fréquences des turbines restent lacunaires.

 

A la fin du siècle dernier, les anti-éoliens étaient catégoriques: les éoliennes du littoral attiraient les requins. Aucune étude n’a jamais montré le moindre lien entre la présence d’un aérogénérateur et d’un squale. Mais les anti-turbines n’en ont pas démordu pendant des années. Ils ont, depuis, changé d’angle d’attaque. Les moulins à vent perturbent la santé de leurs voisins.

En tournant les pales produisent effectivement toutes sortes de sons. De nombreux riverains se sont effectivement plaints de bruits générés par les éoliennes. D’autres se sont interrogés sur les effets d’une exposition quotidienne aux infrasons (bruits inférieurs à 20 Hz) et aux basses fréquences sonores.

4 ans de travail

Saisie en 2013, par les ministères de la santé et de l’environnement, l’agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) publie, ce jeudi 30 mars, son évaluation des effets sanitaires imputables aux basses fréquences sonores et aux infrasons émis par les parcs éoliens.

Afin de compléter les données issues de la littérature scientifique, l’Anses a fait réaliser des campagnes de mesures à proximité de trois parcs éoliens par le Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema). «Les résultats de ces campagnes confirment que les éoliennes sont des sources d’infrasons et basses fréquences sonores. Toutefois, aucun dépassement des seuils d’audibilité dans les domaines des infrasons et basses fréquences jusqu’à 50 Hz n’a été constaté», indique l’Anses.

On ne sait pas encore

Alors, problématique ou pas? L’Anses botte en touche par manque de connaissance. Pour résumer, les infrasons indisposent certains animaux. Quant aux effets sur l’homme, on ne sait pas encore. «Des connaissances acquises récemment chez l’animal montrent […] l’existence d’effets biologiques induits par l’exposition à des niveaux élevés d’infrasons. Ces effets n’ont pour l’heure pas été décrits chez l’être humain, en particulier pour des expositions de l’ordre de celles liées aux éoliennes et retrouvées chez les riverains (exposition longue à de faibles niveaux). À noter que le lien entre ces hypothèses d’effets biologiques et la survenue d’un effet sanitaire n’est pas documenté aujourd’hui.»

Durcir la réglementation? L’agence n’y est pas favorable. Elle recommande toutefois de mieux informer les riverains (avant l’enquête publique), de renforcer la  surveillance de l’exposition aux bruits, en systématisant les contrôles des émissions sonores des éoliennes avant et après leur mise en service. Et, comme toujours en pareil cas, de poursuivre les recherches.

L’Agence rappelle par ailleurs que la législation prévoit que la distance d’une éolienne à la première habitation soit évaluée au cas par cas, en tenant compte des spécificités des parcs. Cette distance, au minimum de 500 m, peut être étendue à l’issue de l’étude d’impact, afin de respecter les valeurs limites d’exposition au bruit.



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