Bruit: bientôt des radars pour sanctionner les 2-roues

Le 12 février 2018 par Marine Jobert
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9 Franciliens sur 10 favorables à des sanctions plus sévères.
9 Franciliens sur 10 favorables à des sanctions plus sévères.

Une expérimentation va être déployée cette année par Bruitparif, pour objectiver la mesure des bruits provoqués par les deux-roues. Objectif à moyen terme: modifier la réglementation et sanctionner ces bruits qui dominent parmi les nuisances engendrées par les transports.

Un scooter qui pétarade dans les aigus. Un gros cube aux ronflements de baryton. Un moteur dont l’écho peut se suivre à l’oreille sur des kilomètres. Ils sont environ 3,6 millions -dont 2/3 de scooters- et concentrent sur leur casque plus d’un tiers des plaintes adressées aux bruits dans les transports. Dans une étude[1] publiée en juin 2017 sur la qualité de vie et les nuisances sonores, les deux-roues n’ont pas bonne presse: 44% des Franciliens s’en plaignent quand ils sont chez eux et presque 9 sur 10[2] sont d’accord pour que les contrôles et les sanctions des plus bruyants soient renforcés. Bientôt la fin de l’impunité sonore?

D’autres dossiers sur le bureau de Bruitparif. Réussir la troisième échéance européenne de la directive Bruit, qui vaut à la France des menaces de poursuite devant la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE). Lancer une nouvelle campagne de mesures -la dernière date de 2009- autour des grands aéroports franciliens, à l’heure où le transport aérien ne cesse d’augmenter.

Le radar de la méduse

Motos, scooters et autres meules pourraient bientôt avoir leur propre système de mesures, qui répond au doux nom de ‘méduse’. Soit un dispositif composé de plusieurs microphones, qui fonctionne comme une oreille -c’est-à-dire qui perçoit les sons à 360 degrés à la ronde-, et effectue des mesures plusieurs fois par seconde. Déjà utilisé aux abords des quartiers festifs de la capitale et à proximité des aéroports franciliens, il va permettre de «quantifier de façon objective la contribution des deux-roues au bruit de fond urbain», détaille Fanny Mietlicki, directrice de Bruitparif. En 2018, l’observatoire du bruit d’Ile-de-France prévoit de tester le dispositif sur un ou deux sites pour s’assurer que le pic de bruit relevé représente bien la trajectoire de déplacement des deux-roues. En 2019, entre 10 et 15 sites seront équipés, pour élargir l’acquisition de données et approfondir les mesures. A terme, les méduses seront couplées à des appareils photographiques du type de ceux déjà déployés pour mesurer la vitesse.

 

 

Signature sonore

Actuellement, la réglementation ne tient pas compte des bruits intermittents, comme ceux des pots d’échappement trafiqués. En outre, le niveau sonore -quantifié en décibel dans les textes réglementaires- ne peut être le seul critère pour rendre compte du bruit généré par un deux-roues. «Entre deux motos qui émettent un niveau sonore égal, l’un sera jugé acceptable, l’autre perçu comme agressif, détaille Christophe Mietlicki, le responsable du pôle Technologie de Bruitparif. C’est une question de design sonore, de ‘couleur de son’.» Et c’est un fait: une Harley Davidson ne sonne pas comme une Honda. Et c’est justement ces envahissantes nuances, savamment travaillées par les constructeurs pour donner une identité à leurs véhicules, qu’il s’agit de cerner. «A terme, la méduse les distinguera et la réglementation devra évoluer pour faire entrer d’autres valeurs que le décibel, afin de caractériser le niveau sonore et le côté agressif d’un son», précise l’ingénieur. Un panel de riverains seront mobilisés pour caractériser ces signatures acoustiques et savoir lesquelles cibler.



[1] Etude réalisée pour Bruitparif par le Crédoc

[2] 2% seulement des répondants sont des motards…

 



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