Brucellose: surveiller les troupeaux pour diminuer le risque

Le 22 juillet 2016 par Marine Jobert
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Un bouquetin dans les Alpes.
Un bouquetin dans les Alpes.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) revient sur la détection de cette maladie dans les cheptels ovins et caprins, particulièrement exposés du fait de la pratique de la transhumance.

L’ensemble des départements de France métropolitaine, hormis le département des Pyrénées-Atlantiques[1], sont officiellement reconnus indemnes de brucellose ovine et caprine. Un statut qui permet, selon la réglementation communautaire, d’alléger les modalités de surveillance programmée des cheptels. Mais, comme l’a illustré l’épisode de brucellose découvert en 2012 dans le massif du Bargy en Haute-Savoie, rappelle l’Anses dans un avis rendu début juillet, «le risque de réémergence de la maladie doit être pris en compte et souligne la nécessité, dans un souci de santé publique et pour la protection sanitaire des élevages, de détecter au plus tôt l’apparition de tout nouveau foyer».

La transhumance est une pratique d’élevage particulièrement développée en France, où 1,8 million d’hectares de surface agricole utile (SAU) sont en landes, parcours, estives et alpages, et sont pâturées par 3.900.000 ovins (soit 34% du cheptel ovin national) et 2.560.000 bovins, (soit 12% du cheptel bovin national). D’après le recensement agricole de l’an 2000, 60.000 exploitations agricoles valorisent des surfaces pastorales avec un poids variable selon les massifs. Ces exploitations représentent 51% des exploitations dans les Pyrénées, 40% dans le Jura, 37% dans le massif Central et 31% dans les Alpes.

 

Indicateurs importants

Quels indicateurs pourraient-ils donc être utilisés? Il s’agirait d’identifier les troupeaux pour lesquels la probabilité d'une infection brucellique est la plus élevée, mais également de sélectionner des indicateurs de détection précoce de la brucellose si un foyer de brucellose devait réapparaître. Les experts de l’Anses estiment, toute filière confondue, que certains indicateurs sont à prendre particulièrement en compte. Par exemple, si l’historique de l'exploitation ou du département fait état d’épisode(s) de brucellose (avec abattage total) depuis une période de trois ans. L’introduction dans le troupeau d’animaux d'autres pays, la présence d’indices provenant de la faune sauvage (résultats sérologiques positifs et signes cliniques tels qu’arthrite ou orchite), ou encore le fait que le troupeau pratique la transhumance, sont des éléments à prendre en compte, tout comme la déclaration des avortements, le résultat d’enquête sérologique ciblée à la suite de la mise en évidence d'un risque brucellique ou l’existence de cas humain(s) autochtone(s) rapporté(s).

Délicate transhumance

La région Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca) possède une profonde tradition pastorale, qui l'a amenée à maintenir un dépistage sérologique annuel de tous les troupeaux de petits ruminants en raison d'un risque de diffusion via la transhumance. Si le dépistage était allégé, quelles sont les probabilités que la maladie réapparaisse dans plusieurs foyers, s’interroge la Direction générale de l’alimentation? L’allègement prévu consiste à remplacer le rythme de dépistage annuel des troupeaux par un rythme quinquennal. D’autres plans de sondages sont aussi envisageables, avec un rythme triennal sur 15% des femelles reproductrices, et un rythme annuel sur 5% des femelles reproductrices.

Surveiller les troupeaux

L’Anses répond que certes, la transhumance est un facteur important de diffusion géographique. «Néanmoins, la diversité des situations et des pratiques pastorales implique de moduler le niveau de risque associé à la transhumance.» Notamment si les troupeaux ne se mélangent pas. Il en va tout autrement si les animaux sont acheminés en groupes issus de cheptels distincts, sans traçabilité rigoureuse relative aux conditions d’acheminement et à la réalité de la localisation des pâtures, et non soumis à une surveillance quotidienne. Les experts insistent sur l’importance de la surveillance des cheptels, en estive comme en intersaison, et du respect de l’obligation de déclaration des avortements. «En permettant d’identifier précocement les premiers foyers, cette surveillance peut, surtout si elle est couplée avec une biosécurité satisfaisante, permettre d’enrayer une éventuelle épizootie brucellique», concluent-ils.

 



[1] En raison de la vaccination des jeunes béliers à Brucella ovis en vue de lutter contre l’épididymite contagieuse ovine.

 



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