Brice Lalonde lance un appel à l’innovation

Le 31 janvier 2012 par Stéphanie Senet
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Invité par le Cercle français de l’eau, Brice Lalonde a tenu une conférence, ce 31 janvier, sur les enjeux de Rio+20. L’occasion pour lui d’affirmer les limites de l’Hexagone, «focalisée sur les questions politiques», alors que l’urgence est d’innover. 

Les négociations de Rio+20 ont démarré. Désormais coordonnateur exécutif de cette conférence des Nations unies sur le développement durable, Brice Lalonde a rappelé que la première version du texte est en cours de discussion jusqu’au mois de juin. 

L’ancien ministre de l’environnement a aussitôt précisé la difficulté de la tâche: «Rio+20 n’est pas mené par les Nations unies mais par 194 Etats, ce qui n’est pas simple. Cela dit, le sommet intervient après des conventions importantes, ce qui montre qu’on peut aboutir à des décisions concrètes». Il a aussi reconnu que le draft zéro de Rio+20 ne comportait pas, à son goût, assez de «verbes d’action».

Parmi les obstacles, Brice Lalonde a rappelé que de nombreux pays en développement craignaient que les pays riches ne leur imposent de nouvelles règles, alors que ceux-ci ont largement pillé les ressources naturelles. Autre frein: le coût de l’économie verte, projetée par Rio+20, qui pourrait être trop élevé. Enfin, la situation géopolitique a changé. «En 1992, l’heure était à l’enthousiasme, au lendemain de la chute du mur de Berlin. Aujourd’hui, le dynamisme provient de la Chine, de l’Inde ou du Brésil», a-t-il affirmé. 

Selon lui, les Etats devront se mettre d’accord sur une feuille de route pour l’économie verte, qui se base sur l’achat public pour donner l’exemple, sur une nouvelle fiscalité et sur la certification.

Dans le domaine de l’eau, Brice Lalonde a affirmé qu’il attendait des professionnels qu’ils viennent à Rio «avec des propositions», comme au Forum mondial de l’eau de Marseille. «Il existe nombre de solutions à travers le monde, comme les systèmes d’irrigation au goutte-à-goutte en Israël, qui permettent de réduire la consommation d’eau, ou encore le système de Singapour qui recycle la totalité des eaux de la ville. Il faut se concentrer sur ces pistes innovantes. Il n’est pas forcément nécessaire de traiter les eaux usées avec des produits chimiques. On peut les faire passer dans de systèmes naturels, ou les utiliser comme fertilisants», a-t-il insisté.

Pour en revenir à Rio, le coordonnateur estime que l’eau est «en bonne place dans le draft zéro, entre l’alimentation et l’énergie». Selon lui, la conférence devrait d’ailleurs aboutir, sans trop de problèmes, à «un nouveau système juridique protégeant certaines zones marines».

A l’occasion d’une question sur la future gouvernance mondiale de l’environnement, Brice Lalonde a rappelé que là n’était pas la question. «En Europe, on néglige trop la recherche et la technique. La gouvernance, c’est simple: il suffit de gens honnêtes et compétents et d’une certaine sécurité juridique. L’important, c’est de trouver des solutions techniques à grande échelle pour atteindre les objectifs du développement durable».

 



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