Brice Lalonde appelle à une refonte de la gouvernance climatique

Le 15 septembre 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Pour Brice Lalonde, il faut préférer les obligations de moyens à celles de résultats.
Pour Brice Lalonde, il faut préférer les obligations de moyens à celles de résultats.
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Ancien ministre de l’environnement, ex-ambassadeur du climat, organisateur du second sommet de la terre de Rio et conseiller spécial du Pacte global de l’ONU, Brice Lalonde est un bon connaisseur des arcanes onusiens et des problèmes climatiques. C’est à ce double titre qu’il critique le processus de négociation lancé il y a deux décennies.

Inefficaces les négociations climatiques sous l’égide de l’ONU?
Il y a discordance entre le but recherché et le rythme d’avancée des négociations. La convention de l’ONU sur les changements climatiques est entrée en vigueur il y a 20 ans. Elle est animée par un secrétariat exécutif qui s’étoffe et qui coûte de plus en plus cher. Nous organisons la 20e conférence des parties à cette convention. Et pendant ce temps-là, les émissions de gaz à effet de serre ne cessent de progresser et le climat de se réchauffer. D’un autre côté, les négociations sont menées, au plan national, par les services des ministres de l’environnement ou des affaires étrangères qui n’ont aucune marge de négociation.

Faut-il que ce soit les chefs d’Etat ou de gouvernement qui s’y collent?

C‘est précisément ce qui s’est produit à Copenhague.

Ça n’a pas été une franche réussite pourtant…

Détrompez-vous. Les chefs d’Etat ont négocié, dans des conditions invraisemblables, un accord qui a fini par être adopté l’année suivante à Cancun. Encore une fois, seuls les chefs d’Etat ont la capacité de négocier. Contrairement aux négociateurs professionnels dont la mission est de ne rien lâcher.

Voilà pour le moyen. Mais quel devrait être le but de la discussion?

Depuis le début, les conférences des parties ont pour objectif de faire prendre aux 190 pays membres des objectifs d’abaissement de leurs émissions de gaz à effet de serre (GES). Or il est très difficile pour des pays de prendre ce genre d’engagement à long terme, a fortiori si l’on ne connaît pas, au hasard, l’évolution des prix de l’énergie. Dit autrement, cela revient à engager des politiques à long terme sans avoir la moindre idée de leur coût et donc de leur efficacité.

Que préconisez-vous?

Je pense que l’obligation de moyen, comme l’amélioration de l’efficacité énergétique, est plus efficace que l’obligation de résultat (baisse des émissions) qui est toujours insuffisante. A condition, bien sûr, qu’elle soit assortie d’une politique de MRV, c’est-à-dire l’évaluation et vérification des résultats. Nous devons aussi réinsuffler un peu de vie aux mécanismes de développement propre (MDP) en permettant aux entreprises d’investir facilement dans le développement des pays émergents. N’hésitons pas non plus à avancer sur des démarches sectorielles, comme celles des GES à faible durée de vie.

A l’image de ce que préconise Washington…

Les Etats-Unis ont tendance à se méfier des négociations à 190 Etats. Ils préfèrent que des pays leaders prennent des décisions concrètes, qui pourraient être avalisées par la suite par l’ONU. C’est peut-être ce à quoi nous assisterons avec les émissions de GES à courte durée de vie



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