Brexit: Londres s’intéresse peu à l’environnement (quoique)

Le 02 février 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Theresa May veut quitter l'Europe tout en continuant d'appliquer les règles européennes.
Theresa May veut quitter l'Europe tout en continuant d'appliquer les règles européennes.

Le gouvernement britannique publie son livre blanc sur le Brexit. Entre les lignes, Londres aimerait bien que les législations communautaires encadrant bon nombre d’activités continuent de s’appliquer.

 

C’est parti! Un jour après que le Parlement lui a donné quitus pour initier formellement le processus qui conduira le Royaume-Uni à quitter l’Union européenne, le gouvernement britannique publie son livre blanc du Brexit.

En moins de 80 pages, l’administration de Theresa May explique comment le Royaume s’y prendra pour reconquérir son ‘indépendance’. Législative, tout d’abord. Une grande loi (Great Repeal bill) mettra formellement fin à l’adhésion de la Grande-Bretagne aux communautés européennes et ‘britannisera’ le corpus juridique d’origine communautaire. Ce qui fait dire au White Paper que les mêmes règles et les mêmes lois s’appliqueront avant et après le Brexit. A se demander ce qui changera vraiment dans les deux prochaines années (à l’issue des négociations avec l’UE).

Climate goES on

Sans surprise, en revanche, le document évoque peu les questions environnementales ou climatiques. La Great Repeal bill transfèrera dans le droit britannique le droit européen de l’environnement, précise la note. La stratégie climatique et ses budgets carbone quinquennaux (système repris par la loi sur la transition énergétique pour la croissance verte française -LTECV) continueront de s’appliquer. Silence absolu, en revanche, sur la participation de l’industrie britannique au système communautaire d’échange de quotas d’émission de gaz à effet de serre (ETS).

Healthier environment

Débarrassée des contraintes de la politique agricole commune, Londres annonce la construction d’une agro-industrie «plus propre, à moindre impact environnemental, bénéfique aussi bien pour la population que pour l’économie». On peut toujours y croire.

Rappelant que les chalutiers européens capturent 683.000 tonnes de produits de la mer par an dans les eaux britanniques[1], le gouvernement May appelle à la conclusion d’un accord dans l’intérêt des pêcheurs continentaux et britanniques. Ce qui peut laisser supposer que le système hérité de l’Europe bleue continuera de s’appliquer.

Sans entrer dans le détail, Londres prévoit de transférer certaines compétences communautaires aux autorités régionales (écossaises, nord-irlandaises et galloises).

A l’évidence, Londres aimerait bien aussi que les règles actuelles continuent de s’appliquer pour les transports et surtout pour l’énergie. L’île ne doit la sécurité de son alimentation électrique qu’aux interconnexions qui la relient au continent. Et plusieurs projets de nouvelles lignes à haute tension sont suspendus à l’issue des négociations avec l’Europe. Très dépendante de sa cousine du Sud pour son électricité, l’Irlande du Nord préoccupe particulièrement Londres. Un Brexit trop brutal pourrait être synonyme de Black-out pour le 1,8 million de sujets irlandais de Sa Majesté.

Considering all options

Bien qu’il s’agisse de deux traités différents, rompre avec l’Union européenne c’est aussi quitter la communauté de l’Euratom. Navrant pour un pays qui relance son programme électronucléaire. Euratom, c’est en effet la possibilité de bénéficier des résultats de programmes de recherche, de référentiels de sûreté. Pire, les nouvelles restrictions apportées à la libre circulation des biens et des personnes pourraient retarder la construction et la mise en service des futures centrales nucléaires britanniques, dont la fameuse Hinkley Point C, lancée par EDF. Annus horribilis, décidément pour l’électricien français.



[1] Les chalutiers britanniques remontent 111.000 tonnes de poissons et fruits de mer des eaux communautaires.

 



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