Bretagne: des promesses sur la qualité de l’eau et les énergies vertes
Le 12 mars 2010 par Sabine Casalonga
La lutte contre les marées vertes, sur le devant de la scène depuis l’été dernier, et plus globalement la reconquête de la qualité de l’eau sont, sans surprise, au cœur des programmes électoraux en Bretagne, au côté du développement des énergies renouvelables.
Densité: 115 hab./km²
Superficie: 27.208 km²
Président sortant: Jean-Yves Le Drian (PS)
Nombre de listes en présence: 11
Nombre de conseillers régionaux: 83
Résultats au 1er tour des listes se réclamant de l’écologie en 2004: 5,96%
PS
Le socialiste Jean-Yves Le Drian veut faire de la Bretagne une région «éco-pionnière». Le président sortant de la Région et favori du scrutin a fait liste commune avec le PCF et Bretagne écologie. Parmi ses 12 engagements figurent l’objectif de -30% d’émissions de gaz à effet de serre en 2020 et 30% d’autonomie électrique en 2030. A cette fin, le PS propose un «Pacte énergétique breton» dont la priorité serait la maîtrise de l’énergie et la réduction de la consommation. Un Fonds de développement des énergies renouvelables (éolien terrestre et offshore, énergies marines, solaire, biomasse) verrait également le jour.
Le PS souhaite favoriser les transports collectifs et les modes de déplacements les moins polluants. Il poursuivra le Plan ferroviaire breton adopté fin juin 2008, améliorera l’offre en TER et lancera un plan de développement du fret ferroviaire et donnera la priorité au multi-modal.
Le PS appelle également au transfert des compétences en Eau au Conseil régional et organisera, à défaut, une conférence régionale avec les acteurs locaux. Les socialistes prônent la refonte du Schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux (Sdage) Loire-Bretagne et la couverture à 100% du territoire par des démarches de Schémas d'aménagement et de gestion des eaux (Sage). Le PS entend créer une nouvelle alliance avec les agriculteurs. Il propose que les aides de la Politique agricole commune (PAC) européenne soient orientées en faveur de la reconquête de la qualité de l’eau.
Concernant le dossier des algues vertes, le PS entend rester associé aux actions menées par l’Etat, mais souhaiterait une régulation de l’accès au foncier et le recours à d’autres modes de financement (partenariats privés et européens). Le PS souhaite poursuivre le développement de l’agriculture biologique avec l’objectif de 1.000 fermes supplémentaires en 4 ans, mais aussi favoriser les circuits locaux de distribution et préserver la Bretagne de la culture des OGM.
Préserver le foncier agricole de l’étalement urbain, achever la trame verte et bleue et soutenir les projets d’urbanisme durable figurent également parmi les promesses du parti favori dans les sondages.
UMP
Mais où est donc le programme de la majorité présidentielle? Pas sur le site internet d’UMP Bretagne indisponible depuis hier… Mais on le trouve sur le site de Bernadette Malgorn, ancienne préfète de la Région et tête de liste de l’UMP. Sa nomination par l’Elysée s’était heurtée à la réticence des militants qui soutenaient le député villepiniste du Finistère Jacques le Guen.
Côté énergie, l’UMP entend sécuriser l’approvisionnement sur la Bretagne nord par une unité d'effacement de pointe, dans l'attente des solutions issues de la future plateforme des énergies marines de Brest. Côté transports, l’UMP propose d’achever le désenclavement de la région avec une ligne TGV reliant Quimper en 1h30 à Rennes et en 3h à Paris, mais aussi en achevant la mise en 2x2 voies de la RN 164.
Concernant la politique de l’eau, l’UMP réaffirme qu’il s’agit d’une compétence partagée entre l'Etat, l'agence de l'eau Loire-Bretagne et les collectivités locales. En cas de victoire de l’UMP, «la Région accompagnera le dispositif d’Etat de lutte contre les algues vertes et encouragera la recherche sur ce problème, comme sur le traitement et la valorisation des déchets». Les efforts seraient ciblés sur les bassins versants en contentieux, «en aidant à la construction et à la modernisation des stations d’épuration». Le soutien du programme «Breizh bocage» serait intensifié pour protéger les cours d’eau et redessiner le paysage breton. Les villes et communes seraient incitées à adapter leur éclairage public pour réaliser des économies et d’énergie et réduire la pollution lumineuse.
Côté santé, l’UMP s’engage au travers d’un partenariat avec l’Agence régionale de santé à intensifier la prévention du suicide, de la souffrance au travail et des troubles musculo-squelettiques (TMS), en tête des maladies professionnelles, et de mettre en œuvre des mesures pour réduire le taux d’accidents du travail.
Europe Ecologie
Le programme d’Europe Ecologie (EE) en Bretagne est axé sur la création d’emplois «non délocalisables» (énergies renouvelables, économies d’énergie, isolation des bâtiments, agriculture biologique etc.) en cohérence avec le projet des autres régions. EE propose de transformer l’Agence économique de Bretagne en «Agence bretonne de la conversion sociale et écologique de l’économie». Parallèlement, un programme d’économies d’énergie, d’efficacité énergétique et de développement des énergies renouvelables (énergies marines, biomasse, éoliennes offshore) est proposé. Côté Transports, la liste écologique entend sortir la Bretagne du «tout routier» (94% du fret dans la région) en développant le fret maritime et ferroviaire. EE refuse la construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.
Si elle entend doubler le budget Agriculture de la Région, la liste EE souhaite réorienter les aides vers l’agriculture responsable et promet de maintenir une région sans OGM et de refuser que des OGM entrent en Europe par les ports bretons. Concernant le problème récurrent des marées vertes, EE propose d’engager un plan dans la durée. Plus globalement, EE souhaite que la Région pilote la politique de reconquête de la qualité de l’eau. Les écologistes s’engagent à soutenir les filières des énergies marines et entendent faire de la mer «un pôle majeur de recherche». EE accompagnerait la filière pêche pour une «gestion équilibrée et responsable des ressources». La prévention dans le domaine de la santé au travail, notamment dans les secteurs de l’agroalimentaire et de l’agriculture serait enfin renforcée.
Modem
Le Modem offre un programme axé sur l’énergie. Il promet de financer un Fonds d’investissement pour les énergies renouvelables pour le développement des hydroliennes, des énergies marines, du photovoltaïque et de la méthanisation. Par ailleurs, il propose d’équiper les lycées en panneaux solaires pour réduire leur dépendance énergétique. Des aides pour la mise aux normes basse consommation des logements les plus anciens seraient également proposées aux particuliers. Par ailleurs, le Modem souhaite engager le processus pour l’installation d’une centrale d’appoint, afin de sécuriser l’alimentation électrique de la Bretagne. Les transports ne sont pas oubliés avec un projet de plan de ferroutage (transport de marchandises par le train), ni l’eau, avec la volonté de transférer à la Région la compétence «politique de l’eau» afin qu’elle joue pleinement son rôle (lutte contre les algues vertes, traitement de l’envasement, qualité des eaux).
FN
Le Front national (FN) s’engage à promouvoir une architecture respectueuse de l’environnement et à allouer des aides pour la requalification des entrées de ville en particulier encadrer l’usage des panneaux publicitaires. Le FN entend par ailleurs soutenir la recherche sur les énergies renouvelables (biomasse, géothermie et cogénération industrielle). Il promet son soutien à «l’agriculture familiale, raisonnée, biologique» ainsi que la création d’un label pour les produits régionaux. Améliorer de la qualité de l’eau et les réseaux de distribution, préserver la biodiversité ainsi que la qualité de l’air et des sols, rapprocher le traitement des déchets des lieux de collecte et refuser les sites d’enfouissement des déchets nucléaires figurent parmi les autres engagements du FN pour les régionales.
7 réactions
Reinbolt rene | 14/03/2010 - 14H32
Sauvons la Bretagne! Oui,c'est un fait.Qui a vu ce qui se passait en Bretagne,il y a 4Oans,ne peut comprendre pouquoi les décideurs politiques de l'époque ,ont laisser prospérer ces énormes élevages de vaches et poulets,sans se préoccuper des rejets de pollutios des sols,donc des nappes et rivières? Le mal est fait! mais le "génie" humain semble avoir pris conscience qu'il est juste temps d'arrêter de polluer nos rivages,devenus impraticables et toxiques! Oui,nous retournerons dans cette région si belle jadis,pour assister au progrès et du bon sens de nos chers amis bretons et vendéens,ces derniers aussi,dans l'histoire ,ont su manifester leur opposition et malgré une défaite,ont rebondi! Bravo
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micheneau gilles | 13/03/2010 - 14H31
micheneau gilles autonomie énergétique suprenant de lire que les énergies renouvellables vont à l'encontre de l'autonomie ( cf 1er commentaire de Mr Durand) et vanter pour y arriver des énergies non renouvellable qu'om importe, à savoir l'uranium et le gaz!!!!( quite d'ailleurs à se lier d'amitié avec des gouvernements qui ont du sang sur les mains....
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aymeric desforges | 13/03/2010 - 14H23
Quid du NPA? Pour rétablir la démocratie. Il n'est en aucun cas question du NPA dans cet article: que ce soit volontaire ou non, il est partial de les oublier. Le NPA a choisi de ne pas se lier avec le Front de Gauche, il faut donc en parler (c'est comme si on assimilait FN et UMP...)! En effet, le Nouveau Parti Anticapitaliste propose lui aussi des idées en matière d'écologie et de société écologique. La ligne directrice est centrée sur la redistribution des richesses et la sortie du capitalisme à l'origine des grandes problématiques écologiques. Le NPA promeut le recours systématique à l'agriculture biologique et/ou locale, et souhaite rapprocher producteurs et consommateurs (promotion d'une agriculture paysanne et biologique, des filières courtes, réduction des transports routiers notamment) pour ramener les emplois dans la région. En terme d'énergie, l'objectif est à la réduction des consommations, la promotion des EnR, et la sortie du nucléaire. Tout ceci sans parler du changement de société que la sortie du capitalisme impose : retour à une vie plus simple, moins "speed", réaffirmation du pouvoir et de l'intelligence de chaque citoyen, promotion des services publics. La démocratie vous remercie! Maintenant, votez sciemment.
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LUCIENNE HAÈSE | 13/03/2010 - 14H13
et les porcheries sur caillebotis? et si l'on parlait des causes de la pollution des eaux en Bretagne et qui font proliférer les algues vertes ? il faut bannir les élevages industriels . Formidable politique agricole qui préfère restaurer plutôt que prévenir, et sous prétexte des circuits courts va continuer à soutenir ce qui est insoutenable pour peu que l'on visite ces installations .
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DURAND Bernard | 13/03/2010 - 12H57
Mais bien sûr Et qui a empêché ces trente dernières années les Bretons de mettre en place ce mirifique projet? Les lobbys bien sûr, pas son irréalisme total!
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Gérard Borvon gérard | 13/03/2010 - 10H07
Nukleel nann trugarez Le commentateur précédent a au moins compris une chose : trente ans après la victoire de Plogoff la Bretagne n'est pas prête à se laisser imposer une centrale nucléaire. De même les bretons ne proposent pas d'en construire une en Ile-de-France largement déficitaire en production énergétique. Il est vrai que trente ans de retard dans la production d'énergies renouvelables, comme l'avait proposé le projet alter breton au moment de Plogoff, ne se rattrapent pas d'un coup de baguette magique. Pour autant la voie est enfin ouverte et on ne peut que s'en réjouir.
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DURAND Bernard | 13/03/2010 - 09H37
Plogoff Et voilà, la Bretagne va continuer pendant des années à subir les conséquences du refus de Plogoff par une partie des Bretons, et va devoir compter sur les autres régions françaises pour son électricité! Voilà le résultat d'un lavage de cerveau qui dure depuis 30 ans! Et aucune formation politique, sous la pression médiatique , ne se risquera à lancer le débat. C'est quand même magnifique: l'alliance qui va diriger la région promet 30 % (8 % actuellement) d'autonomie en 2030, alors que 100 % pourraient être atteints en 2020 à meilleur prix avec deux EPR et quelques petites centrales à gaz.
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