Brest prêt à accueillir les bateaux en fin de vie

Le 03 mars 2006 par Ludivine Hamy
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
marseille lavera
marseille lavera

Dans une lettre adressée au Premier ministre le 24 février, François Cuillandre, maire de Brest, propose de «promouvoir à Brest la constitution d’une filière de déconstruction des navires en fin de vie.»

Alors que le Clemenceau est sur le chemin du retour, la ville de Brest, où le porte-avion est censé jeter l'ancre d'ici 3 mois, réfléchit à l'avenir et au meilleur scénario pour «sortir par le haut» d'une situation inconfortable. François Cuillandre ne mâche pas ses mots «si [le dossier] avait été mené de manière plus habile, sans doute le Clemenceau aurait-il pu être déconstruit en Inde. C'est ainsi.» Soucieux de connaître les «raisons objectives» qui ont dicté le retour du Clemenceau à Brest, et non à Toulon, son port d'attache, le maire de la ville refuse catégoriquement que le gouvernement laisse «pourrir et rouiller le Clemenceau dans un coin de la rade de Brest.» A défaut de chantier de démolition en Europe ou aux Etats-Unis, il propose donc de promouvoir à Brest la mise en place d'une filière de déconstruction des navires en fin de vie. Bien sûr, «ceci aura un coût pour les finances publiques», prévient François Cuillandre. Et de citer le chef d'Etat-major de la Marine, selon lequel «le coût de déconstruction du Clemenceau dans une filière européenne avait été évalué à 45 millions d'euros pour un produit de vente de l'acier récupéré se montant à 8 millions d'euros.» Par ailleurs, il ne faut pas oublier que le coût de la main d'oeuvre est 10 fois supérieur en France qu'en Inde. Pour défendre le projet brestois, le maire met en avant l'importante culture navale de la ville, sa connaissance approfondie des navires et la présence d'un outil industriel tant civil que militaire. «La présence de la DCN et d'entreprises de réparation navale sont des atouts certains», souligne-t-il.

Des propos qui ne manqueront pas d'intéresser le chef de l'Etat qui a déclaré, à l'occasion de la célébration du premier anniversaire de la Charte de l'environnement, que «couler ou laisser rouiller les navires en fin de vie dans des cimetières marins ne saurait être une solution» et qu'il fallait par conséquent «construire des filières de démantèlement et une coopération à l'échelle mondiale.» Dans cette perspective, Jacques Chirac a également annoncé la création d'une mission interministérielle, co-présidée par le secrétaire général de la mer, Xavier de la Gorce, et par Jean-Noël d'Acremont, l'ancien président des Chantiers de l'Atlantique, dans le but de contribuer au groupe de travail international mis en place sur le statut des navires.

De son côté, lors de la séance de questions au gouvernement à l'Assemblée Nationale, le 21 février, le Premier ministre avait déclaré vouloir «promouvoir une filière européenne de navires hors d'usage, conforme aux exigences de sécurité et de protection de l'environnement». Une déclaration qui fait écho avec la proposition de François Cuillandre. En outre, Dominique de Villepin, qui a demandé un diagnostic complet de l'amiante et des matières dangereuses restant à bord du Clemenceau, a affirmé vouloir mettre en conformité les procédures nationales d'exportation des matériels de guerre en fin de vie avec les obligations internationales en matière d'environnement et de santé.


A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus