Brésil: un barrage minier cède, 60 morts, 300 disparus

Le 28 janvier 2019 par Marine Jobert
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L'Etat du Minas Gerais compte 450 barrages.
L'Etat du Minas Gerais compte 450 barrages.
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Des torrents de boue ont déferlé sur les employés d’un géant minier, suite à la rupture inexpliquée d’un barrage. Le cours boursier a dévissé, avant de se reprendre.

60 morts, près de 300 disparus. La rupture, le 23 janvier, d’un barrage a déversé des torrents de boue sur les habitants de Brumadinho, dans le sud-est du Brésil. Cette retenue d’eau servait à alimenter les activités du géant minier Vale, troisième opérateur au plan mondial après les anglo-australiens BHP et Rio Tinto. 130 militaires israéliens sont arrivés sur le site afin d'intensifier les recherches des disparus dans l'immense étendue de boue. Une catastrophe qui survient trois ans après celle de Mariana, à 120 kilomètres de là, qui avait causé la mort de 19 personnes: un bilan moins lourd au niveau humain, mais un désastre environnemental gigantesque, avec la contamination du fleuve Rio Doce, un des plus importants du pays, sur plus de 650 km et deux Etats brésilien, jusqu'à l'océan.

2,5 milliards bloqués pour les réparations

«Vale a été inconséquent et incompétent. On pensait qu'ils (les dirigeants) auraient tiré des leçons de Mariana, mais trois ans après, c'est notre ville qui est meurtrie», s'est insurgé dimanche Avimar de Melo, le maire de Brumadinho, dont les 39.000 administrés travaillent grâce à cette mine. En 2017, la compagnie avait affiché une production record de 366,5 millions de tonnes de minerai de fer, majoritairement exporté vers la Chine. Vale possède également des mines de nickel, de cuivre et autres métaux. Ce lundi, les actions du groupe ont plongé de 20% à l'ouverture de la Bourse de Sao Paulo, avant d'effacer une partie des pertes autour de 17%. Le conseil d'administration a annoncé la suspension du paiement de dividendes aux actionnaires et de primes aux cadres de Vale. Quant à la justice, elle a bloqué 11 milliards de réais (2,55 Md€) sur les comptes du groupe minier brésilien à titre de réparations et les autorités locales lui ont infligé des amendes totalisant 300 millions de réais (70 M€).

450 barrages dans ce seul Etat

Les causes de la rupture du barrage sont encore inconnues –et celles de Mariana encore mal expliquées–, ce qui ne cesse d’inquiéter les spécialistes du sujet, puisque le seul Etat de Minas Gerais compte quelque 450 barrages, dont 10% ne disposeraient pas de conditions de sécurité satisfaisantes. Interrogé par l’AFP, Luiz Jardim Wanderley, un spécialiste minier de l'Université de Rio de Janeiro, raconte: «Au moment où les prix des matières premières ont chuté [2015-2016, années au cours desquelles le Brésil a connu une récession historique], les entreprises ont dû procéder à des coupes budgétaires, qui ont pu affecter des secteurs comme la sécurité et la maintenance. Il faudra être attentif à l'enquête, pour savoir si Vale a réduit ses contrôles sur ses barrages, même après la catastrophe de Mariana.»

 

 

 


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