Brésil: Dilma Rousseff pose son veto (partiel) au Code forestier

Le 29 mai 2012 par Geneviève De Lacour
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Pas d'amnistie pour les propriétaires ayant défriché
Pas d'amnistie pour les propriétaires ayant défriché

La présidente du Brésil, Dilma Rousseff, a décidé le 25 mai de s’opposer au très polémique Code forestier en censurant partiellement le texte. Cette loi réclamée par le puissant secteur agricole risquait de provoquer une vague de déforestation en Amazonie, selon les écologistes.

Depuis plusieurs semaines, les défenseurs de l'environnement exhortaient Dilma Rousseff à poser son veto à cette loi (voir JDLE). Plus de 2 millions de personnes à travers le monde ont signé une pétition contre le texte.

Résultat, Dilma Rousseff a finalement décidé de remanier en profondeur le nouveau Code forestier puisque 12 articles ont été supprimés et plus d’une trentaine ont subi des modifications. Contrairement à ce que prévoyait le précédent texte, ceux qui ont détruit illégalement la forêt avant 2008 ne bénéficieront pas d’une amnistie. La présidente brésilienne s’y est fermement opposée. 

En assouplissant les règles de préservation de la forêt vierge dans les propriétés agricoles des Etats d’Amazonie, le nouveau Code forestier prévoyait de réduire de 80 à 50% la «réserve légale», c’est à dire la superficie qu'un propriétaire ne peut pas exploiter.

Ce nouveau Code prévoyait également d'amnistier les propriétaires ayant illégalement défriché des forêts. Il permettait une déforestation dans des zones qui étaient auparavant protégées, comme les berges des rivières ou le sommet des collines. Dans cette nouvelle version, la présidente laisse néanmoins davantage de flexibilité aux petites propriétés. «Ce n’est ni le code des écologistes, ni celui des producteurs agricoles, c’est celui de ceux qui privilégient le bon sens. De ceux qui croient que le Brésil peut produire tout en respectant l’environnement», a salué Mendes Ribeiro, le ministre de l’agriculture.

 «Le veto a été décidé pour éviter qu’il y ait une amnistie pour ceux qui ont déforesté. Nous ne permettrons pas que la protection de l’environnement soit réduite», a affirmé pour sa part Izabela Teixeira, la ministre de l’environnement.

Le nouveau texte doit maintenant être validé par le Congrès.

La réforme du Code forestier datant de 1965 devait être une victoire du puissant lobby agroalimentaire après des années de bataille avec les écologistes. Mais à un mois du sommet Rio+20, la conférence de l’Onu sur le développement durable qui réunira plus de 100 chefs d'Etat et de gouvernement, le sujet commençait à être particulièrement embarrassant pour le Brésil.

 



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