Brésil: avec Bolsonaro, le vert menacé par l’or

Le 29 octobre 2018 par Romain Loury
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L'Amazonie, chasse gardée pour Bolsonaro
L'Amazonie, chasse gardée pour Bolsonaro

Elu dimanche avec 55,1% des voix, Jair Bolsonaro, nouveau président brésilien, fait craindre le pire pour l’environnement de son pays. Et plus largement, pour la lutte contre le réchauffement climatique.

En août, le candidat du Parti social-libéral, d’extrême droite, s’inscrivait dans les pas de Donald Trump: une fois élu, le Brésil sortirait de l’Accord de Paris. Par celui-ci, le pays vert et or s’engage à réduire de 35% ses émissions de gaz à effet de serre en 2035 par rapport à 2005, notamment via la reforestation et la lutte contre la déforestation illégale.

C’est là que se situe le nœud du problème: le Brésil compte 60% de la forêt amazonienne. Et si la déforestation y a diminué ces dernières années, la forêt continue à attiser les appétits du puissant agrobusiness brésilien, fervent soutien de Jair Bolsonaro. Pour celui-ci, l’Accord de Paris constitue d’ailleurs une perte de souveraineté pour le Brésil.

L’Amazonie, non négociable

Jeudi lors d’une conférence de presse, le candidat s’est toutefois fait plus conciliant: il s’est dit prêt à ce que le Brésil demeure dans l’Accord de Paris, sous condition que le pays garde sa liberté d’agir sur l’Amazonie. En bref, celle de la livrer aux mains de l’agriculture intensive et de l’exploitation minière.

Liés au sort de la forêt amazonienne, les droits des populations autochtones semblent aussi menacés, Jair Bolsonaro ayant promis qu’il ne leur cèderait «pas un centimètre de plus».

Feu sur l’écologie militante

Les associations de défense de l’environnement sont elles aussi dans le viseur, après les déclarations du candidat souhaitant la fin de l’activisme au Brésil, ainsi que le ministère de l’environnement, voué à fusionner avec celui de l’agriculture.

Pour Christian Poirier, directeur des programmes de l’ONG Amazon Watch, «la victoire de Bolsonaro, dans la quatrième plus grande démocratie au monde, constitue une très mauvaise nouvelle pour les droits de l’homme et la protection de l’environnement, avec de très graves conséquences pour la forêt amazonienne et ses communautés indigènes (…) Ses projets inconscients pour industrialiser l’Amazonie, de concert avec l’agrobusiness et l’industrie minière, causeront la destruction de la plus grande forêt mondiale, et entraîneront un désastre pour le climat mondial».



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