BPA: les reins et le cœur des enfants menacés, l’étiquetage en attente

Le 14 janvier 2013 par Marine Jobert
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Le bisphénol A interdit en 2015 en France.
Le bisphénol A interdit en 2015 en France.
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Les enfants dont la concentration en bisphénol A (BPA) dans les urines serait forte présenteraient un ratio albumine/créatine élevé, signe d’un dysfonctionnement rénal et cardiovasculaire. C’est ce que met en lumière une étude du département de pédiatrie de l’école de médecine de l’université de New York. Après analyse de leurs urines, 92% des 710 enfants et adolescents américains âgés de 6 à 19 ans testés présenteraient des traces de BPA; un chiffre assez conforme à l’exposition générale. Or l’albumine, quand elle est présente dans les urines, trahit l’atteinte rénale et constitue un marqueur des risques cardio-vasculaires.

Une étude anglo-américaine, basée sur des données britanniques collectées sur une dizaine d’années, avait permis d’établir que des patients adultes souffrant de maladies de cœur présentaient un taux de BPA dans leur urine plus élevé que la moyenne. Cette (nouvelle) étude, «sans permettre d’affirmer définitivement que le BPA contribue à l’émergence de maladies cardiaques ou rénales (…) classe toutefois la substance comme un facilitateur de risques chez l’enfant», explique Leonardo Trasande, l’un des auteurs de l’étude. Sans que l’on sache précisément quelles sont les sources d’exposition, le BPA étant un composé dit ubiquiste retrouvé un peu partout dans l’environnement, le médecin américain plaide pour son retrait des bouteilles en plastique et des canettes en aluminium dont raffolent les plus jeunes.

En France, le BPA n’est plus autorisé depuis fin 2012 dans les biberons et sera proscrit de tout contenant alimentaire d’ici 2015. Entre ces deux dates, c’est le flou le plus complet. La loi du 26 juillet 2012 prévoit bien que «tout conditionnement comportant du bisphénol A et destiné à entrer en contact direct avec des denrées alimentaires doit comporter, dans des conditions fixées par décret, un avertissement sanitaire déconseillant son usage, du fait de la présence de bisphénol A, aux femmes enceintes, aux femmes allaitantes et aux nourrissons et enfants en bas âge, au sens des a et b de l'article 2 de la directive 2006/141/CE de la Commission du 22 décembre 2006 précitée»

Le texte impose donc que, pendant les deux années laissées aux industriels du secteur, un étiquetage transitoire soit apposé sur les contenants alimentaires, à destination des publics les plus sensibles au BPA, cités. Sauf que le décret en question n’a pas été pris pour l’instant. «Cet étiquetage n’a vocation à exister que pendant deux ans, ce qui est très court», note François Veillerette, le président de l’association Générations futures, spécialisée notamment dans la dénonciation des impacts sanitaires des pollutions environnementales. «Il faut donc que l’Etat se presse de le mettre en place.» A la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), en charge des matériaux de contact alimentaire, on indique laconiquement que «ce texte est actuellement en cours d’élaboration».

A suivre.

 



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