BPA: les bébés en sont-ils fous ?

Le 18 mai 2011 par Romain Loury
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Une équipe américaine décrit le cas d’un nourrisson ayant développé des troubles neurocomportementaux à l’âge d’un mois, alors que sa mère était très imprégnée de bisphénol A (BPA) au cours de la grossesse.
 
Selon l’équipe de Sheela Sathyanarayana, pédiatre à l’université de Washington (Seattle), il s’agit de la deuxième étude chez l’humain à suggérer un lien entre exposition in utero au BPA [1] et troubles neurocomportementaux de l’enfance. En 2009, de premiers travaux avaient montré un risque d’hyperactivité et d’agressivité chez des filles de 2 ans.
 
Cette nouvelle étude ne repose que sur un seul cas, mais un cas extrême: celui d’une mère ayant présenté à 27 semaines de grossesse un taux de BPA de «deux ordres de magnitude» au-dessus des autres femmes de la cohorte Home [2]. Parmi les sources d’exposition: cannettes de soda, aliments en conserve, ou réchauffés au four micro-ondes dans leur emballage plastique.
 
Particulièrement surveillé par l’équipe, le garçon né de cette mère ne présentait aucun trouble à la naissance. Mais la situation s’est gâtée à un mois: hyperexcitabilité, tremblements, mouvements incontrôlés… des signes «clairement anormaux» pour un enfant de cet âge, selon les chercheurs. Mais qui se sont résolus par la suite, ajoutent-ils.
 
Toujours dans cette cohorte, les 10 enfants présentant des troubles similaires à un mois avaient été exposés in utero à un taux de BPA surélevé (5,8 microgrammes par gramme de créatinine), bien que sans commune mesure avec le nourrisson à l’origine de cette étude. «Ces résultats doivent alerter les professionnels de santé que la population peut se trouver exposée à des concentrations élevées de BPA au cours de la grossesse, moment critique pour le développement corporel et cérébral», indiquent les chercheurs.
 
Avant tout suspecté d’engendrer des troubles génitaux, ce perturbateur endocrinien pourrait causer de multiples méfaits, comme accroître le risque d’obésité et celui d’asthme, ont montré des études récentes.
 
[1] Présent dans les plastiques alimentaires, dans le revêtement intérieur de cannettes et de boîtes de conserve, dans les amalgames dentaires, le BPA est un perturbateur endocrinien. Au terme d’un débat très médiatisé, la fabrication des biberons contenant du BPA est interdite depuis mars dans l’Union européenne, leur mise sur le marché et leur importation à partir de juin.

 

[2] Son taux sanguin de BPA était de 573 microgrammes par gramme de créatinine, contre une médiane de 2,2 µg/g de créatinine chez les autres femmes de cette cohorte, dénommée Home (Health Outcomes and Measures of the Environment). 



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