BPA: l’Efsa revoit l’exposition à la baisse

Le 31 juillet 2013 par Romain Loury
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Une exposition revue à la baisse
Une exposition revue à la baisse

L’exposition de la population au bisphénol A est beaucoup plus basse que l’autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) ne l’avait précédemment estimée, indique-t-elle dans un avis soumis à consultation qu’elle a publié le 25 juillet.

Il s’agit là de la première évaluation d’exposition au BPA réalisée par l’Efsa depuis 2006. Soumis à consultation du 25 juillet au 25 septembre, ce copieux document de 314 pages n’est en fait que la première partie d’un travail de réévaluation initié par l’autorité sur le perturbateur endocrinien: la seconde s’attachera aux risques sanitaires qu’il pose.

Réalisé sur la base de données d’exposition à 2.521 aliments, mais aussi de dosages urinaires, l’avis a pour particularité de ne pas se cantonner à la seule voie alimentaire. Il confirme que les papiers thermiques, tels ceux utilisés pour les tickets de caisse, constituent la deuxième source de BPA dans la population –de 7% à 15%, selon des estimations que l’Efsa reconnaît entachées d’incertitudes [1].

Autre constat important: l’exposition alimentaire de la population, qui résulte avant tout des aliments en conserve et de la viande, serait bien moins élevée que celle calculée en 2006; d’environ 11 fois chez les adultes, voire de 30 fois pour les bébés de moins de 3 mois! Un sacré réajustement, que l’Efsa explique par de plus amples connaissances quant à la présence du BPA dans les aliments.

Avec une exposition moyenne de 132 nanogrammes par kilo de poids corporel et par jour chez l’adulte, de 375 ng/kg/jour chez les moins de 3 ans, la population se situe dans l’ensemble au dessous de 1% de la dose journalière admissible (DJA) de 50.000 ng/kg/jour, fixée par l’Efsa en 2006. Un constat a priori rassurant… tant que l’on accorde du crédit à la DJA. Pas évident qu’il convainque ceux pour lesquels cette notion classique de DJA n’a aucun sens lorsqu’elle s’applique aux perturbateurs endocriniens, dont plusieurs études montrent qu’ils agissent à des doses bien plus faibles.

[1] Du moins chez les plus de 3 ans: chez les plus jeunes, la poussière arrive en deuxième position derrière l’alimentation, avec 2,1% de l’exposition totale au BPA.

 

 



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