BPA et grossesse ne font pas bon ménage

Le 18 mai 2012 par Geneviève De Lacour
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Fécondation in vitro
Fécondation in vitro

L’exposition au Bisphénol A (BPA), à des taux d’imprégnation communément observés dans la population, réduit les chances pour une femme qui subit un traitement contre l’infertilité de tomber enceinte.

C’est ce que révèle une étude publiée le 6 avril dernier, menée par des chercheurs de l’université de Harvard (Etats-Unis), qui ont suivi la grossesse de 137 femmes âgées de 18 à 45 ans, traitées par le Massachusetts General Hospital Fertility Center avant fécondation in vitro (FIV). Ils ont étudié le lien entre l’exposition au Bisphénol A et les succès de leur grossesse, après avoir subi une FIV.

Les scientifiques ont mesuré les concentrations du perturbateur endocrinien présentes dans leurs urines. Des concentrations allant de: inférieures à 1,69 microg/l, jusqu’à des taux supérieurs à 3,8 microg/l. Puis ils ont comparé les chances de tomber enceinte pour les femmes les moins exposées à celles les plus exposées à la molécule chimique.

Les scientifiques ont tenu à prendre en compte d’autres facteurs qui pourraient influencer l’échec de la grossesse, constaté lorsque l’embryon ne s’attache pas à l’utérus -on estime que 75% des échecs sont liés au décrochement de l’œuf de la paroi utérine. Des facteurs tels que l’âge de la femme, l’âge de l’œuf implanté et la méthodologie du traitement appliqué à la patiente peuvent en effet directement influencer le taux de réussite.

Les résultats montrent clairement un lien entre les implantations qui échouent et les taux les plus élevés de BPA dans les urines. Ces effets ont été observés pour une concentration moyenne de 1,53 microg/l soit un taux nettement inférieur au taux moyen d’imprégnation chez les femmes américaines en âge de procréer (1,97 microg/l).

Résultat: les chances de tomber enceinte sont divisées par deux pour les femmes les plus exposées en comparaison avec les femmes les moins exposées au BPA. Cette association est encore plus forte pour les femmes les plus âgées et celles ayant subi de précédents échecs à la fécondation in vitro.

Il s’agit en fait de la première étude réussissant à montrer un lien entre les échecs d’implantation des embryons et l’exposition au BPA pour des femmes recevant un traitement avant une FIV. Ces données viennent confirmer de précédents résultats obtenus sur des animaux et renforcent ainsi les craintes qui existent entre l’exposition au BPA et les problèmes de fertilité.

Mais les chercheurs scientifiques limitent ces conclusions aux femmes qui éprouvent des difficultés à procréer. Selon eux, ces résultats ne sont peut-être pas applicables aux femmes qui essayent d’obtenir un enfant naturellement. En effet, les femmes qui suivent un traitement avant FIV seraient, de par leurs problèmes de fertilité, plus sensibles à l’action du perturbateur endocrinien.

 



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