BP voyage au bout de l’enfer

Le 03 juin 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Dans un entretien accordé, jeudi, au Financial Times, le directeur général de BP, Tony Hayward a admis que son groupe n’était pas préparé à lutter contre une marée noire en haute mer. « Ce qui est incontestable est que nous n'avions pas les instruments qu'il aurait fallu dans notre trousse à outils ». Au même moment, la dernière tentative de réduction de la fuite de brut échouait. Par 1500m de profondeur, la scie télécommandée, utilisée pour couper un flexible – opération préalable à l’installation d’une cloche de confinement – s’est bloquée. Une nouvelle tentative devrait être menée d’ici la fin de la semaine.

 

Ces difficultés ne sont pas du goût de tout le monde. Une association baptisée Seize BP (« Saisissez les avoirs de BP ») prévoit d’organiser, ce week-end, des manifestations hostiles à l’entreprise dans une cinquantaine de villes américaines. En bourse, les affaires ne sont pas meilleures. Depuis le début de la catastrophe, le titre BP a perdu 37% de sa valeur. Le troisième groupe pétrogazier mondial vaut désormais une centaine de milliards de dollars : ce qui le met à la merci d’un raid boursier. A moins que les prédateurs ne choisissent d’attendre que l’action ne continue sa descente aux enfers. L’hypothèse n’a d’ailleurs rien d’absurde.

 

Car, la note de la dépollution s’annonce, chaque jour, un peu plus lourde. Mercredi, après avoir confirmé l’ouverture d’une enquête criminelle pour déterminer les responsables de la catastrophe, les autorités américaines ont exigé que le groupe britannique finance la construction de cinq nouvelles barrières anti-marée noire pour protéger des îles situées au large de la Louisiane. Coût des neuf mois de travaux : 360 millions de dollars (295 millions d’euros). Au dernier recensement, BP estime avoir investi près d’un milliard de dollars pour lutter contre les conséquences de l’accident du 20 avril. Mais le pire est à venir. Selon les calculs réalisés par les analystes de Crédit Suisse, la facture totale pourrait s’élever à 37 milliards de dollars (30 milliards d’euros), frais juridiques inclus. Soit une fois et demi les profits déclarés l’an passé par le groupe.

 

En attendant, la marée noire s’étend de plus belle. En s’appuyant sur des photos prises par des satellites, des chercheurs de l’université de Miami estiment que la nappe de pétrole s’étend désormais, en surface, sur 24.400 km2 : presque la superficie de la régionChampagne-Ardenne. En revanche, aucune estimation n’est actuellement disponible sur la surface et le volume des nuages sous-marins d’hydrocarbures, détectés il y a quelques semaines.

 

Alors que l’huile se situe, selon les derniers relevés disponibles à une dizaine de kilomètres du rivage de la Floride, la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) a accru le nombre de zones interdites à la pêche. Désormais , 37% du Golfe du Mexique sont vides de chalutier.



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