BP voit arriver l’ère de la voiture électrique

Le 21 février 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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BP prévoit 320 millions de voitures électriques en 2040.
BP prévoit 320 millions de voitures électriques en 2040.
La Poste

La voiture électrique contribuera à stabiliser la demande mondiale de pétrole dans la prochaine décennie. Qui restera trop élevée pour répondre aux impératifs climatiques, indique BP dans son dernier exercice de prospective énergétique.

 

C’est la question qui taraude les productions de pétrole depuis plusieurs années. Quel sera l’impact sur la demande de produits raffinés (essence, gazole) de la montée en puissance annoncée du véhicule électrique? A en croire BP, il sera plus important que prévu. Mardi 20 février, le pétrogazier britannique présentait ses perspectives énergétiques annuelles à 2040. Exercice de prospective qui n’est pas sans intérêt.

Comme ses concurrents, BP voit se profiler de grands changements dans la composition du bouquet énergétique mondial: baisse de la part du charbon, montée en puissance du gaz et des énergies renouvelables. Sans oublier une stagnation de la demande de pétrole vers 2035. Si les projections se vérifient, le monde devrait stabiliser sa demande de pétrole aux alentours de 110 millions de barils par jour (contre 97 millions aujourd’hui).

Ce n’est pas encore le déclin. Mais on entrevoit la fin de ce monde où la consommation d’or noir progressait régulièrement.

Il n’y a pas que la voiture électrique qui taille des croupières au pétrole. Il y a aussi le plastique. Du moins, la réduction annoncée de la production d’emballages en matières plastiques, qui ont la fâcheuse idée de polluer l’océan. En intégrant les mesures d’interdiction de mise sur le marché de sachets en plastique, BP estime que la diminution de la demande de polymères pourrait représenter une baisse de 2 millions de barils/jour de la demande de pétrole.

La population augmentant, et sa demande de confort et d’énergie, ce n’est pas dans le chauffage, la climatisation et moins encore dans la production d’électricité qu’il faut chercher cette stagnation de la demande de brut, mais dans les transports, dépendant à plus de 90% de l’énergie produite par le pétrole.

Dès 2030, soulignent les analystes de BP, la demande mondiale de carburants stagnera autour de 2,7 milliards de tonnes équivalent pétrole (tep) par an.

320 millions de voitures électriques

Or, à partir de 2035, la consommation énergétique du transport flirtera avec les 3,3 Mdtep/an. La croissance sera satisfaite par le gaz et l’électricité. En 2040, sur les 2 milliards de véhicules qui sillonneront les routes de la planète (deux fois plus qu’aujourd’hui), plus de 320 millions seront électriques ou hybrides rechargeables, pronostique BP[1].

Il y a quelques semaines, ExxonMobil annonçait 140 millions de véhicules électriques ou rechargeables au même horizon. Ces chiffres restent très contestés. Les prospectivistes de Bloomberg New Energy Finance ou de Carbon Tracker Initiative estiment que le tiers du parc mondial sera électrique à cet horizon.

Le CO2 en hausse

Quoi qu’il en soit, le climat n’en sortira pas apaisé. BP table sur une hausse de 10% des émissions de CO2 énergétique entre 2016 et 2040. Ces 36 milliards de tonnes de CO2 annuelles (chiffre comparable à celui avancé par ExxonMobil) reste évidemment très supérieur à ce qu’impose l’Accord de Paris (-50%). A moins, bien sûr, que les énergies renouvelables ne progressent encore plus vite que prévu. Dans ce domaine, BP se trompe avec une constante régularité. Pourvu que ça dure.

 



[1] L’an passé, BP annonçait 6% de véhicules électriques en 2035.

 



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