BP: pas encore de solutions pour juguler la marée noire

Le 10 mai 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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C’était une solution audacieuse. Elle est tombée à l’eau, pour le moment. Dimanche, les experts de BP et de ses sous-traitants ont finalement retiré de la tête du puits sous-marin l’énorme dôme d’acier qu’ils avaient descendu quelques heures plus tôt. En installant ce monstre de 100 tonnes d’acier, les pétroliers entendaient canaliser le flux de pétrole pour pouvoir en faciliter le pompage par un pétrolier. Hélas, la pression et le froid ont eu raison de ce beau schéma.

 A1500 mde fond, la température de l’eau marine n’excède pas4°Cet la pression qui s’exerce est de l’ordre de 150 atmosphères. Ces deux conditions sont idéales pour former des hydrates de gaz. Ces clathrates, comme on les appelle parfois, sont des molécules de gaz naturels enchassées dans une cage de molécules d’eau. Bonne nouvelle, si la température ne s’élève pas au fond du Golfe du Mexique, ces hydrates resteront au fond et ne participeront pas au renforcement de l’effet de serre (le pouvoir de réchauffement global du méthane est 25 fois supérieur à celui du CO2, ndlr). Mauvaise nouvelle : ces bulles solides et visqueuses ont la particularité de boucher les canalisations dans lesquelles elles circulent.

 Bien connu des exploitants de pipelines sous-marins, ce dernier phénomène a eu raison du dôme de BP, dont le cône d’évacuation vers la surface a ainsi été obstrué. Par sécurité, les ingénieurs ont donc couché l’engin sur le côté. Et étudient deux solutions de fortune : l’injection dans le dôme réinstallé de liquides (méthanol ou eau chaude), pour éviter la formation d’hydrates ; le bouchage du puits endommagé par l’injection, à forte pression, d’un coulis de matériaux. Une option « top kill » jugée très risquée par les spécialistes.

 Mais les alternatives sont rares. Les brûlages contrôlés du pétrole en surface n’ont donné que de piètres résultats. Depuis le début de la marée noire, le 22 avril, BP n’a pu « détruire » que 9.000 barils de pétrole, soit l’équivalent de ce que le puits accidenté relâche en 2 jours. Sous la surface, les huit sous-marins télécommandés ne sont pas parvenus à fermer les vannes de la tête de puits.

 Pendant ce temps, d’autres solutions sont mises en oeuvre. A l’initiative du site collaboratif www.matteroftrust.org, les coiffeurs américains collectent les cheveux de leurs clients pour en remplir des chaussettes absorbantes de pétrole. Selon ses inventeurs, ce système est capable de collecter huit fois son poids de brut. Plus sérieusement, BP a commencé à forer un nouveau puits, à proximité de celui qui alimentaitlaplateforme Deepwater Horizon.Fastidieux, ce travail, qui pourrait durer 3 mois, doit permettre de pomper l’huile du puits accidenté et de mettre ainsi fin aux relâchements de pétrole et de gaz. Selon BP, 250 bateaux sont mobilisés pour collecter et disperser le pétrole qui se trouve à la surface de l'eau.

 Malgré le déversement de près d’un million de litres par jour d’hydrocarbures, le gros de la marée noire n’a pas encore atterré. Après avoir foncé sur les plages d’Alabama, la vaste nappe d’hydrocarbures ne cesse de lécher les côtes et les parcs à huîtres, mais sans se décider. Selon les derniers relevés aériens, elle s’étend principalement au sud ouest du delta du Mississipi. Une situation qui peut évoluer très rapidement en fonction des vents, de la météo et des courants marins.



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