Bourget 2019: la voiture volante sur le point de décoller?

Le 20 juin 2019 par Victor Miget
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Vahana, le taxi électrique volant made by Airbus.
Vahana, le taxi électrique volant made by Airbus.
Victor Miget

 

Les taxis volants présentés au 53e Salon international de l'aéronautique et de l'espace du Bourget laissent entrevoir un futur où les voitures prendront de la hauteur. A condition de dépasser des limites technologiques et réglementaires, soulignent les experts.

 

Clouées au sol, les voitures volantes ne sont pas passées inaperçues au salon de l’aéronautique et de l’espace qui se tient au Bourget jusqu’au 23 juin. Mi-hélicoptère, mi-drône, ces véhicules atypiques sont la dernière lubie des constructeurs aéronautiques. Et pas des moindres puisque Boeing et Airbus développent leur voiture volante expérimentale.

0 émission et autonome

D’une longueur de 9,14 m pour une largeur de 8,53 m, l’Autonomous Passenger Air Vehicle de Boeing est un appareil électrique, zéro émission. Equipé d’hélices, deux longs patins lui permettent de décoller à la verticale. D'une autonomie de 80 km, il a réalisé un vol stationnaire en janvier dernier.

100% électrique, celui d’Airbus est un aéronef à décollage et atterrissage vertical. Ce monoplace a déjà effectué pas moins de 81 vols.

Car avant de pouvoir survoler les toits de Paris ou slalomer entre les buildings de New York, ces engins doivent faire leurs preuves en tant que taxis ou service d’urgence par exemple. Et ce, sur de courtes distances (environ 40 km), d’une ville à son aéroport. À noter, la distance qui sépare le centre-ville de l'aéroport est inférieure à 35 km dans 80% des mégalopoles du monde.

Certains acteurs du secteur voient plus loin, au-delà du simple taxi aérien. «Il y avait un trou dans la mobilité à basse altitude et c'est ce qu'on est en train de régler maintenant», estime Rémi Cornubert, Senior Partner chez Advancy, un cabinet de conseil.

Si l’heure reste à la prudence, nombre d’experts voient circuler les taxis du futur bien au-dessus de nos têtes. Une étude du cabinet de conseil en stratégie Roland Berger annonce 100.000 appareils de ce type d'ici à 2050. Réunis dans un nouveau consortium, ADP, la RATP et la région Ile-de-France étudient la faisabilité du développement de l'aéronef d'Airbus en zone urbaine.

Des limites technologiques

Ceux qui rêvent de ciels encombrés version 5e élément devront patienter: «cela va prendre un certain temps avant de voir des voitures volantes opérationnelles. Mais il y a beaucoup de technologies disponibles que nous pourrons bientôt certifier », souligne Eduardo Dominguez Puerta, responsable de la mobilité urbaine aérienne chez Airbus.

Leur faible autonomie les cantonne encore à un rôle de taxi sur de courtes distances. Autre écueil: l’inexistence pour le moment des infrastructures. «Les villes ne sont pas aménagées pour cela. Où vont être centralisés les passagers? Où mettre les plates-formes de décollage et d’atterrissage», s’interroge Rémi Cornubert.

Définir un cadre

L'absence de règles ne facilite pas le décollage non plus. «Il va falloir créer des règles, des normes, des autoroutes de l'air», confirme Eduardo Dominguez Puerta. Comme l'autonomie, cet impératif sera déterminant pour démocratiser ce type de mobilité. D'autant que les règles diffèrent selon les villes. Pour exemple, il est tout à fait possible de survoler New-York, quand le ciel de Paris est interdit.

La sécurité, un problème? Assurément. Mais pas insurmontable. Ces véhicules devront communiquer avec un centre de contrôle et, entre eux, afin d'éviter les collisions, même lorsque ces nouveaux faucheurs de marguerites seront automones. Pas de pilote, est-ce bien raisonnable? Assurément, estime Rémi Cornubert qui estime la conduite autonome est un sujet que l'aéronautique maîtrise depuis de nombreuses années.



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