Bouquetins du Bargy, tous aux abris

Le 08 octobre 2015 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Capra ibex
Capra ibex
DR

En Haute-Savoie, l’abattage massif des bouquetins du Bargy a commencé jeudi 8 octobre au matin, a appris le JDLE de sources concordantes. Au grand dam des associations de défense de l’environnement, selon qui cette mesure n’aura aucune efficacité pour enrayer la brucellose.

 

Branle-bas de combat: suite à son arrêté publié le 16 septembre, la préfecture de Haute-Savoie vient de lancer les hostilités. L’objectif est de procéder à l’abattage massif, par des agents de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), des bouquetins du massif de Bargy, hôtes de la brucellose. Et ce malgré les avis négatifs du CNPN, et très réservés de l’Anses [1].

L’opération a commencé dans la nuit de mercredi à jeudi, indique au JDLE Jean-Pierre Crouzat, administrateur de la Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature (Frapna). En début d’après-midi, le massif du Bargy, survolé par des hélicoptères, était bouclé par les gendarmes, toutes ses routes d’accès bloquées. Et sept personnes, des «observateurs» selon Jean-Pierre Crouzat,  auraient déjà été menottées et menées au commissariat.

Cette campagne d’abattage constitue la deuxième phase du scénario «compromis» proposé par le préfet Georges-François Leclerc. Avant cela, une campagne de capture et de test brucellique a été menée pendant 2 semaines, les animaux séropositifs étant aussitôt euthanasiés. Quant aux «10 à 20» séronégatifs identifiés, ils ont été marqués et relâchés, rejoignant ainsi le noyau sain constitué cette année, de 61 individus avant la publication de l’arrêté.

Reste donc 200 à 250 bouquetins non marqués à abattre, dont deux tiers de séronégatifs qui n’ont pas eu la chance d’être testés. Quant aux individus du noyau sain, ils seront de nouveau capturés et testés en 2016, avec euthanasie de ceux devenus séropositifs entre temps.

Une méthode mise en doute

«Nous sommes contre cette méthode d’abattage massif, la plus rapide mais aussi la plus brutale», explique Jean-Pierre Crouzat, favorable à la stratégie de capture, test et euthanasie. D’autant que l’abattage indiscriminé pourrait avoir des effets contreproductifs, comme le suggère l’avis publié en juillet par l’Anses.

En 2013, une telle campagne, qui ne portait que sur les bouquetins de plus de 5 ans, aurait ainsi fait grimper la prévalence de brucellose dans cette population. Et au risque d’étendre la maladie, les tirs pourraient faire fuir ces animaux vers d’autres massifs. Notamment celui des Aravis, où plusieurs bouquetins du Bargy auraient déjà migré, avance la Frapna.

Source de colère pour les soutiens du bouquetin, la préfecture n’a pas attendu l’audience du référé suspensif au tribunal administratif de Grenoble, prévue le lundi 19 octobre, suite à l’action intentée fin septembre par les associations. «Le préfet a probablement eu l’accord ministériel», explique Jean-Pierre Crouzat. Peu diserte, la préfecture explique au JDLE que «l’arrêté est applicable». Quant à la durée de la campagne d’abattage, cela «dépendra de son avancée».

[1] CNPN: Conseil national de la protection de la nature. Anses: Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus