Bouquetins du Bargy: le CNPN de nouveau contre l’abattage total

Le 21 novembre 2014 par Romain Loury
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Le bouquetin obtient un léger répit
Le bouquetin obtient un léger répit

Le Conseil national de la protection de la nature (CNPN) s’est de nouveau prononcé, jeudi 20 novembre, contre un abattage total des bouquetins du massif du Bargy. Chez les associations, le soulagement n’est que temporaire.

Si la France en était officiellement indemne depuis 2005, la brucellose, infection bactérienne également appelée «fièvre de Malte», a refait son apparition en 2012, avec deux enfants d’une même famille ayant consommé du fromage au lait cru. Le produit provenait d’un élevage de vaches du Grand-Bornand (Haute-Savoie), dont deux animaux étaient positifs pour la brucellose.

Tout porte à croire que les bovins ont été infectés par des bouquetins, dont la population vivant dans le massif du Bargy est fortement touchée par la brucellose. Pour la préfecture de Haute-Savoie, qui craint pour la santé publique et la filière laitière, la seule solution qui vaille est celle d’un abattage total des bouquetins du massif, puis d’une réintroduction à partir des massifs voisins, épargnés par la maladie.

Placé sous l’égide du ministère de l’écologie, le CNPN s’y montre opposé: dans un avis de septembre 2013, il avait voté contre cette mesure radicale, lui préférant un abattage partiel. Soit celui des individus de plus de 5 ans, soit en capturant et en testant les animaux afin de n’euthanasier que les séropositifs. Le préfet de Haute-Savoie avait opté pour la première solution, elle-même très controversée (voir le JDLE)

Mais la préfecture ne lâche pas sur l’idée d’un abattage total : début octobre, elle a réitéré sa demande de dérogation sur cette espèce protégée. Avec le même résultat que la fois précédente. Jeudi soir, son comité permanent s’est prononcé à 10 voix contre, 2 voix pour et 1 abstention.

Dans un communiqué diffusé vendredi, la préfecture, qui n’a pas souhaité répondre au JDLE, a déclaré qu’«il n'y [aurait] par conséquent pas d'abattage total des bouquetins du massif du Bargy dans les jours qui viennent». Un nouveau protocole d’éradication de la brucellose des bouquetins du Bargy sera «connu» début décembre, ajoute-t-elle, indiquant avoir été contactée par la ministre Ségolène Royal.

Un nouvel avis de l’Anses début 2015

Du côté des associations, on attend beaucoup d’un prochain avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), qu’elles ont saisie à ce sujet. Contacté par le JDLE, Jean-Pierre Crouzat, administrateur de la Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature (Frapna), espère le voir publié à la «fin de l’hiver».

L’Anses en avait déjà émis un en juillet 2013, dans lequel elle déplorait n’avoir eu qu’un temps restreint pour mener son travail.

Membre du comité permanent du CNPN, le directeur général de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), Yves Vérilhac, estime auprès du JDLE que l’«on ne traite pas une population sauvage comme un élevage: ça ne marche pas comme ça dans la nature. La faune sauvage, ce n’est pas des briques qu’on remplace».

Il dit attendre le travail de l’Anses «sans a priori», afin de prendre position sur les meilleurs moyens d’éradiquer la brucellose –tout en doutant qu’elle se prononce pour l’abattage total.

Jean-Pierre Crouzat se dit quant à lui favorable, à court terme, à la stratégie visant à ne tuer que les bouquetins porteurs de la maladie. Et, à long terme, à la vaccination de tous les animaux. Seul problème, le vaccin ne dispose de données d’efficacité que chez les petits ruminant domestiques, moutons et chèvres.



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