Bouquetins du Bargy: l’Etat tranche pour l’«assainissement sélectif»

Le 07 juin 2016 par Marine Jobert
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Il reste entre 300 et 350 bouquetins dans le massif du Bargy.
Il reste entre 300 et 350 bouquetins dans le massif du Bargy.
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Capturer, tester et, en cas de séropositivité, euthanasier les animaux. C’est la nouvelle doctrine décidée directement par Paris dans le dossier des Bouquetins du massif du Bargy. Un revirement, qui satisfait les associations environnementales mais mécontente les éleveurs.

Changement de stratégie dans le dossier des bouquetins du massif du Bargy: après l’abattage massif ordonné par le préfet l’automne 2015, ce sont pas moins de 3 ministres qui ont pris la plume pour donner un nouveau tour à la lutte contre la brucellose (dite ‘fièvre de Malte’), une maladie transmissible à l’homme par la consommation de produits laitiers contaminés, dont sont atteints environ 40% des bouquetins. Objectif: procéder à un «assainissement sélectif», afin de constituer un noyau d’animaux sains parmi les quelque 300 à 350 bouquetins encore vivants[1]. Concrètement, les animaux seront capturés, testés in situ, euthanasiés en cas de séropositivité, ou marqués et relâchés s’ils sont sains. «Les animaux présentant des signes cliniques de la maladie seront aussi éliminés», précise la lettre interministérielle.

Vaccination pour tous

«C’est une répétition des procédures mises en place aux printemps 2014 et 2015», précise Jean-Pierre Crouzat, administrateur de la Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature (Frapna). La nouveauté réside dans l’élaboration, par l’ONCFS et l’Anses[2], d’un protocole pour administrer aux ongulés un vaccin (par voie oculaire) longtemps utilisé pour les chèvres et les moutons en cas de brucellose dans les élevages. «Il vaut mieux une souche atténuée qu’une souche virulente», explique Jean-Pierre Crouzat. Les premières vaccinations pourraient avoir lieu à l’automne, après la saison touristique et avant les premières neiges. Le dispositif devra être répété «plusieurs années consécutives», précisent les ministres.

Eleveurs furieux

C’est la première fois que le préfet reçoit des instructions écrites de Paris dans ce dossier. Les ministres de l'environnement, de l'agriculture et la secrétaire d’Etat chargée de la biodiversité ont validé ces nouvelles directives, discutées lors d’une réunion qui s’est tenue le 3 juin 2016. «Tous les acteurs étaient réunis pour la première fois autour d’une table, décrit Jean-Pierre Crouzat. Cela aurait dû être fait avant pour éviter beaucoup d’incompréhensions.» Les éleveurs ont tout de même quitté la table, furieux de ce revirement ministériel. Un travail scientifique va se poursuivre sur le terrain sous l’égide de l’ONCFS, notamment sur les aires de répartition et sur les contacts entre populations. Dans ce cadre, 50 animaux au minium pourront être capturés et testés, les séropositifs seront éliminés. Le Conseil national de la protection de la nature (CNPN) doit se réunir prochainement pour approuver ce dispositif.

 



[1] 431 ont été abattus ou euthanasiés depuis 2012.

[2] [2] ONCFS: Office national de la chasse et de la faune sauvage.

Anses: Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail

 

 



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