«Boues rouges»: une instruction sous haute surveillance

Le 12 septembre 2014 par Stéphanie Senet
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Les calanques de Cassis visées par Alteo pour de nouveaux rejets d'effluents industriels pendant trente ans
Les calanques de Cassis visées par Alteo pour de nouveaux rejets d'effluents industriels pendant trente ans

L’autorisation de rejeter pendant 30 ans des effluents industriels chargés en métaux lourds dans la Méditerranée n’a pas été donnée à l’usine d’alumine Alteo de Gardanne (Bouches-du-Rhône). Tel est le rappel, fait le 10 septembre par le ministère de l’écologie, alors que deux jours plus tôt, le conseil d’administration du parc national des Calanques avait émis un avis positif controversé.

La décision finale dépendra du préfet des Bouches-du-Rhône Michel Cadot, qui se prononcera au plus tard en juin 2015, après une enquête publique menée auprès de 27 communes à partir de la fin de l’année, mais le dossier est incontestablement amené à évoluer.

 

Le communiqué de presse du ministère évoque en effet le travail d’instruction en cours qui doit permettre «d’examiner toutes les options techniques et d’améliorer le dossier, afin de garantir des rejets compatibles avec la reconnaissance de ce territoire remarquable».

 

Opposée à tout nouveau rejet dans la Méditerranée au-delà du 31 décembre 2015, l’eurodéputée Michèle Rivasi rappelle que l’exploitant Alteo refuse toujours d’indiquer la composition exacte des nouveaux effluents qu’il compte déverser au large de Cassis, en plein cœur du parc national des Calanques. Critiquant vivement l’avis du conseil d’administration du parc, elle dénonce sa composition, «à visée clientéliste, reproduisant le système marseillais». La pétition qu’elle a lancée pour demander l’abandon de tout rejet en mer a déjà recueilli 1.558 signatures.

 

Depuis 1966, plus de 30 millions de tonnes de boues rouges ont déjà été déversées dans la fosse de Cassidaigne, par une conduite de 47 kilomètres de long reliant l’usine de Gardanne à la mer. La grande Bleue a donc avalé plus de 2 Mt de résidus d’aluminium, plus de 9 Mt de fer, près de 2 Mt de titane, 61.000 t de chrome, 2.600 t de zinc, 1.700 t de plomb, 900 t de cuivre, 700 t de nickel et 20 t d’arsenic. D’innombrables petites particules de métaux lourds se sont disséminées de Marseille à Toulon, sous l’effet du courant liguro-provençal. Pourtant, leur toxicité a été démontrée dès 1993 suite à une publication de leurs effets sur la faune sous-marine par le bureau d’études Creocean.

 

 



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