Boues rouges: l’enquête publique concentre les avis négatifs

Le 09 septembre 2015 par Stéphanie Senet
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Pêcheurs et écologistes ont transmis leur avis au commissaire-enquêteur
Pêcheurs et écologistes ont transmis leur avis au commissaire-enquêteur

Ouverte du 17 août au 25 septembre, l’enquête publique sur la poursuite, par Alteo, des rejets de résidus de boues rouges dans le parc national des Calanques, à partir du 1er janvier 2016, accumule les avis négatifs. Le dernier coup de gueule provient des pêcheurs.

 

Les pêcheurs de Méditerranée ont pris la plume pour demander au commissaire-enquêteur l’arrêt des rejets en mer de l’usine d’alumine de Gardanne. «32 millions de tonnes de boues chargées en métaux lourds, soude et radioactivité ont été déversées depuis 50 ans. Cela représente 20 t d’arsenic, près de 2 Mt de titane, 60.000 t de chrome, qui se déplacent par l’action des vents et des courants», rappelle l’Union des prud’homies de pêcheurs de Méditerranée dans son courrier daté du 5 septembre.

 

«Préserver la qualité du plancton»

 

En mer, ils ont eux-mêmes constaté que les boues, rejetées dans la fosse de la Cassidaigne, remontaient sur le plateau continental, jusqu’à 100 mètres de profondeur, «engluant les engins de pêche et faisant disparaître la faune». «Nos mers et nos océans ne sont pas un réceptacle pour nos déchets industriels. Il n’est plus temps de déverser nos décharges dans des profondeurs qui semblent obscures aux profanes, mais de préserver la qualité du plancton», poursuivent-ils.

Alors que l’autorisation d’Alteo de rejeter des boues rouges s’arrête le 31 décembre prochain, la société demande à poursuivre le rejet des liquides issus de ces boues pendant 30 nouvelles années.

Craignant que les métaux accumulés ne rentrent dans la chaîne alimentaire et ne perturbent pendant plusieurs décennies les cycles de croissance et de reproduction des espèces marines, les pêcheurs ont exprimé leur colère. Ils souhaitent non seulement l’arrêt définitif des rejets industriels au 31 décembre 2015 mais aussi la fixation, par Alteo, du substrat déjà déversé afin d’éviter la contamination de la faune marine.

 

Des craintes au-delà des Calanques

 

Trois jours plus tard, à quelques encablures des Bouches-du-Rhône, le Syndicat des pêcheurs petits métiers du Languedoc-Roussillon leur ont emboîté le pas. Leur lettre «témoigne de leur inquiétude face à cette pollution continue, massive et à ses conséquences à moyen et long terme sur le milieu, la qualité de l’eau, de la faune, de la flore et sur la chaîne alimentaire».

Les élus régionaux écologistes ont également déposé, le 8 septembre, leur avis négatif auprès du commissaire-enquêteur à la mairie de la Ciotat. Ils rappellent que depuis 1996, l’exploitant est pleinement informé de la fin des rejets au 31 décembre 2015. «Ce long délai de 20 ans aurait dû permettre à l’industriel de faire évoluer ses méthodes de fabrication d’alumines pour respecter les normes s’appliquant à tous ses rejets en Méditerranée», soulignent-ils.

La prochaine réunion publique se déroulera le 11 septembre à 18h30 à Gardanne, mais la décision finale reviendra au préfet des Bouches-du-Rhône. Elle suivra la remise du rapport de la commission d’enquête, ainsi que l’avis du Conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques (Coderst) et du Conseil supérieur de la prévention des risques technologiques (CSPRT).



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