Bouchehr produit ses premiers électrons

Le 05 septembre 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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La première centrale nucléaire iranienne construite par la Russie à Bouchehr (sud de l'Iran) a été connectée au réseau électrique national, a annoncé dimanche le porte-parole de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA), cité par la chaîne de télévision Al Alam.??
D'une capacité de 1.000 mégawatts (MW), le réacteur ne produit pour l'instant que 60 MW à titre de test, mais doit progressivement monter en puissance pour atteindre 400 MW le 12 septembre, a précisé ce porte-parole, Hamid Khadem Qaemi.??
Le réacteur de la centrale de Bouchehr a démarré en novembre 2010 mais des problèmes techniques ont entraîné des retards répétés dans sa mise en service.??
Il a en particulier fallu arrêter le réacteur et décharger son combustible en février dernier pour un nettoyage lié à un incident sur une pompe de refroidissement, selon les autorités russes. La centrale avait redémarré début mai, et les médias avaient annoncé qu'elle serait connectée au réseau début juillet.??
Bouchehr, présentée par l'Iran comme le symbole de son accession à l'ère nucléaire, avait été inaugurée en fanfare par les autorités en août 2010, après 36 ans de vicissitudes.??
En 1974, le Shah d’Iran annonce vouloir mettre en service 23.000 MW de capacités nucléaires pour tirer le maximum de devises de sa production d’hydrocarbures. Une première commande de 4 réacteurs est passée auprès de Siemens KWU et de Framatome (deux entités appartenant aujourd’hui au groupe français Areva, ndlr).
Dans les mois suivants, Siemens lance la construction des deux premières tranches de 1200 MW unitaire, sur le site de Bouchehr. Le contrat sera finalement signé en 1976. Siemens touchera 3 milliards de dollars. Trois ans plus tard, le contrat est annulé par la nouvelle république islamique. Le premier réacteur est pratiquement achevé et la seconde tranche est à moitié sortie de terre.
A Darkhovin, Framatome a, de son côté, commencé la construction de deux tranches de 910 MWe, pour 2 milliards de dollars. Le chantier est stoppé en avril 1979. Ces deux réacteurs «iraniens» seront finalement installés dans la centrale française de Gravelines (les tranches 5 et 6 entreront en service en 1985).
La théocratie iranienne finit par revenir à l’atome. En 1992, elle commande à la Chine deux tranches de 300 MW pour équiper le site déserté par les Français. Le contrat ne sera pas finalisé.
Deux ans plus tard, c’est Minatom qui reprend le flambeau. L’agence du nucléaire russe accepte de «remplacer» le REP le plus achevé de Siemens par un réacteur VVER 1000 sur le site de Bouchehr. Sa filiale, Atomstroyexport, achève les travaux en 2010, avec plus de deux ans de retard sur le calendrier prévu.
La faute en revient essentiellement aux autorités iraniennes qui ont longtemps refusé que le combustible usé soit rapatrié en Russie pour y être retraité.
Ces retards ont entraîné à plusieurs reprises des tensions entre l'Iran et la Russie, Téhéran soupçonnant Moscou de traîner les pieds en raison de pressions occidentales, notamment américaines.?
Les Occidentaux ont longtemps affirmé que Bouchehr pouvait aider l'Iran à développer des compétences nucléaires militaires, avant d'admettre que la centrale, placée sous le contrôle de techniciens russes et de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), ne constituait pas un risque de prolifération.??
L'Iran est néanmoins depuis 2007 sous le coup de sanctions internationales pour un autre aspect de son programme nucléaire, l'enrichissement d'uranium, dont les Occidentaux craignent qu'il n'ait un objectif militaire en dépit des dénégation répétées de Téhéran.??
Ces sanctions initialement décidées par le Conseil de sécurité de l'ONU, qui a adopté six résolutions condamnant les activités nucléaires et balistiques de l'Iran depuis 2007, ont été renforcées progressivement par les Occidentaux qui ont soumis depuis l'été 2010 l'Iran à un sévère embargo technologique mais aussi pétrolier, financier et commercial.??
Cet embargo n'a pas empêché Téhéran d'accélérer sa production d'uranium enrichi, ni d'annoncer le mois dernier des discussions avec Moscou pour la construction de nouvelles centrales.??
L'Iran, deuxième producteur de pétrole de l'OPEP et qui dispose également des deuxièmes réserves de gaz mondiales, a annoncé son intention de se doter à un horizon non précisé de 10 à 20 centrales nucléaires d'une capacité totale de 20.000 mégawatts. Le rêve du Shah d’Iran pourrait être réalisé par les mollahs.


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