Botulisme: alerte à la tapenade

Le 08 septembre 2011 par Romain Loury
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Huit cas graves de botulisme sont survenus dans les départements du Vaucluse et de la Somme, chez des personnes ayant consommé de la tapenade d’olives contaminée, ont annoncé mardi 6 septembre les ministères de la santé, de l’alimentation et de l’économie.
 
Engendré par la toxine botulique de la bactérie Clostridium botulinum, le botulisme est la plupart du temps lié à un défaut de stérilisation des conserves. Désormais rare [1], cette maladie se manifeste entre autres par une vision double, des nausées et des vomissements, jusqu’à la paralysie respiratoire.
 
C’est d’abord dans le Vaucluse que le botulisme a frappé, avec cinq personnes hospitalisées à Avignon dans la nuit de vendredi à samedi, suite à un dîner de famille jeudi. Selon un communiqué diffusé lundi par la préfecture du Vaucluse, ces personnes âgées demeurent sous assistance respiratoire, dont deux dans un état grave. Une autre avait son pronostic vital encore engagé.
 
Ce n’est que mardi que les trois ministères concernés ont réagi, pour annoncer trois nouveaux cas graves chez des jeunes femmes vivant dans la Somme. Là comme dans le Vaucluse, ils sont liés au même produit: une conserve de tapenade d’olives vertes aux amandes, qui s’est montrée positive pour la toxine botulique.
 
Fabriqué par la société «La Ruche» (Cavaillon, Vaucluse) sous le nom «Les délices de Marie-Claire», ce produit, dont la date limite de consommation est le 16 décembre 2012, porte le numéro de lot 112005, selon l’enquête menée par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).
 
Ce lot d’une soixantaine de pots (180 grammes chacun) a été commercialisé dans les épiceries de quatre départements: les Bouches-du-Rhône, la Drôme, le Var et le Vaucluse. «Les autorités sanitaires ont demandé au professionnel de procéder au retrait par précaution de toutes les conserves fabriquées dans son établissement», indiquent les ministères.
 
Outre «Les délices de Marie-Claire», d’autres produits fabriqués par la société La Ruche, dénommés «Terre de Mistral», ont été rappelés, a annoncé mardi soir la préfecture du Vaucluse dans un communiqué.
 
Egalement vendus en bocaux de 180 grammes, il s’agit de tapenades, d’anchoïades, de tomates séchées, de thoïonades, de tartinades, de caviars d’aubergine, de pesto sauce pistou, de poivronnades, de poichichades et d’artichonades.
 
«Le matériel utilisé est inadapté pour la stérilisation, qui était faite avec une machine de type lessiveuse», a expliqué, citée par l’Agence France Presse (AFP), la secrétaire générale de la préfecture du Vaucluse, Martine Clavel, lors d’une conférence de presse.
 
«Par ignorance», le couple d’artisans, décrit comme «très choqué», n’avaient jamais opéré de contrôle de leur atelier, installé en 2000, et n’avait même jamais déclaré son existence auprès des services vétérinaires, a-t-elle ajouté.
 

[1] Selon les dernières données de l’Institut de veille sanitaire (InVS), celles de 2009, 29 cas ont été rapportés cette année-là, soit 13 foyers de maladie. Cinq d’entre eux ont nécessité une assistance respiratoire, signe d’une maladie grave.



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