Boris Johnson adepte du «en même temps» climatique

Le 24 juillet 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Boris Johnson roule pour le Royaume-Uni.
Boris Johnson roule pour le Royaume-Uni.
UK in Japan

 

Les opinions du nouveau premier ministre britannique sur le climat varient selon les années. Seule son amitié pour des climato-sceptiques patentés reste intacte.

 

Ne l’appelez plus BoJo. Ce mercredi 24 juillet, Boris Johnson réalise son rêve le plus cher: devenir le premier ministre du Royaume-Uni. Diplômé de l’université d’Oxford, où il rencontra l’ancien chef du gouvernement David Cameron, ce natif de New York débute sa carrière comme journaliste. Viré du Times pour falsification de citation, il devient le correspondant du Daily Telegraph auprès de la Commission européenne. A Bruxelles, il se fait remarquer par son euroscepticisme et sa chronique sur les normes communautaires, souvent inventées de toute pièce.

Bus, vélo et péage urbain

La carrière politique de ce conservateur francophone débute en 2001 avec son élection à la chambre des communes. Sept ans plus tard, après avoir défait Ken (le rouge) Livingstone, Boris Johnson décroche la mairie de Londres. Il y restera jusqu’en 2015. Sous sa houlette, Old Smoke développe les transports collectifs, l’usage du vélo mais bride l’expansion du péage urbain.

Redevenu parlementaire, la grosse tête blonde prend la tête de la campagne pro-Brexit, en 2016. Durant la campagne référendaire, tous les arguments sont bons: un peu de racisme à l’égard du président américain Barack Obama, une Union européenne comparée à un empire dictatorial. Sans oublier une once de climatoscepticisme. Dans une chronique publiée par le Telegraph quelques jours après la fin de la COP 21, le député Tory nie les effets des changements climatiques sur le climat hivernal.

amitiés sceptiques

Pire: il reprend les thèses défendues par l’astrophysicien et météorologiste Piers Corbyn, selon lesquelles le réchauffement résulterait d’un pic des activités solaires. Une ineptie démontée par les climatologues et le Giec depuis une dizaine d’années, au moins. Ironie du sort, Piers Corbyn n’est autre que le frère cadet de Jeremy Corbyn, dirigeant du parti travailliste et de facto leader de l’opposition à Boris Johnson.

Est-ce cette proximité familiale qui l’a fait changé d’avis? Allez savoir. Quoiqu’il en soit, le successeur de Theresa May au 10 Dowing Street exprime désormais des points de vue plus climato-compatibles. Durant son passage au ministère des affaires étrangères, BoJo n’a eu de cesse de soutenir le retour des Etats-Unis dans l’Accord de Paris et la politique climatique nationale visant la neutralité carbone.

Ce qui n’a pas empêché Terence Mordaunt, patron du think tank négationniste Global Warming Policy Forum, de signer deux chèques de 25.000 livres (28.000 euros) à Boris Johson et à son concurrent Jeremy Hunt, pour financer leurs campagnes en vue de l’élection à la tête du parti conservateur.

Pas sûr que l'idole de BoJo, Winston Churchill, eut approuvé pareilles fréquentations.



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