Bordeaux-Toulouse: la LGV sort un peu plus des rails

Le 03 juillet 2017 par Marine Jobert
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Qui pour financer la LGV Bordeaux-Toulouse?
Qui pour financer la LGV Bordeaux-Toulouse?

Qui pour payer les aménagements ferroviaires au sud de Bordeaux, nécessaires au prolongement de la grande vitesse jusqu’à Toulouse et Dax? Le tribunal administratif de Bordeaux met les pieds dans le plat en annulant un arrêté indispensable au projet, à quelques jours de la publication d’une étude censée proposer des solutions innovantes de financement. L’Etat a fait appel de la décision.

A quelques jours de l’inauguration le 2 juillet de la LGV qui met désormais Paris à 2 heures de Bordeaux, le tribunal administratif de Bordeaux a lancé un pavé dans la mare. Dans une décision rendue le 30 juin, le juge administratif a annulé la déclaration d’utilité publique prise le 25 janvier 2015, permettant  à SNCF Réseau de procéder aux aménagements ferroviaires nécessaires au sud de Bordeaux, en vue de la construction de la ligne existante entre la capitale régionale et Sète. Les magistrats ont estimé le dossier soumis à enquête publique était «incomplet» et que l’évaluation économique et sociale ne contenait «aucune information précise sur le mode de financement et la répartition envisagés pour le projet.» Que ce soient pour les modalités de financement ou la répartition entre les partenaires, aucune n’est «précisément décrite sinon de manière purement théorique, en se bornant à faire référence de manière générale aux différentes modalités de financement habituellement mises en œuvre pour ce type d’infrastructures (…) et aux différents types d’acteurs susceptibles d’y participer», estime le juge.

Des financements imminents

Le coup est rude pour la région Occitanie, le département de Haute-Garonne, et Toulouse-Métropole, qui se sont fendus d’un communiqué commun. Alors même, comme ils le rappellent, qu’«un comité des financeurs a été lancé il y a un an», les élus se gardent toutefois bien d’être plus précis pour expliquer où vont être trouvés les 7 milliards d’euros nécessaires au projet. Selon eux, toute équivoque sur ce sujet pourrait être  levée suite à la remise, imminente, d’une étude «sur les modes de financement innovants», commandée il y 1 an par Alain Vidalies, ancien ministre des transports.

Un projet aussi pour le transport du quotidien

Alain Rousset, le président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, et Alain Juppé, le maire de Bordeaux et président de Bordeaux Métropole, se sont également fendus d’une missive, adressée au préfet de Région. Ils s’étonnent de cette annulation, alors que les aménagements ferroviaires au Sud de Bordeaux (AFSB) -dont la DUP vient d’être annulée- «viennent de faire l'objet de la part de l'Union européenne d'un financement de 8,519 M€ dans le cadre du dernier appel à projets sur le Mécanisme pour l'interconnexion en Europe.» Puis ils s’attachent à démontrer que ces grands travaux concernent aussi les voyageurs du quotidien, avec la construction d’une 4ème voie, grâce à laquelle «les TER pourront s'arrêter sur un quai central alors que les autres trains (dont les TGV) circuleront avec plus de fluidité de chaque côté sans s'arrêter (…) Les AFSB (…) constituent donc un projet de développement et de modernisation majeur du réseau existant sur la ligne ferroviaire structurante entre Bordeaux et Toulouse, d'un intérêt stratégique pour les déplacements du quotidien des 6.000 usagers de la ligne TER Bordeaux-Langon.»

Elisabeth Borne, la ministre des transports, a annoncé le 1er juillet qu’elle faisait appel de la décision du tribunal administratif.                      



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