Bonn: un bilan mitigé

Le 30 mai 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Paul Watkinson, négociateur français à Bonn
Paul Watkinson, négociateur français à Bonn

Ce n’est pas tout à fait une déception. Mais pas non plus la joie des grands jours. La conférence climatique de Bonn, qui s’est achevée le 25 mai après deux semaines de discussions, n’a pas donné grand-chose. «C’était d’ailleurs prévisible, explique Paul Watkinson, l’un des négociateurs français. Cinq mois après les succès enregistrés à Durban, il ne pouvait pas y avoir de grandes avancées, alors que nous n’en sommes qu’à la reprise des discussions.»

Pour autant, la secrétaire exécutive du secrétariat de la convention sur les changements climatiques, Christiana Figueres, ne sort pas mécontente de la quinzaine. Pour l’ancienne diplomate costaricaine, des progrès sensibles ont été accomplis. Lors du sommet climatique de Doha (en novembre prochain), les délégués devront trancher sur la durée de la prochaine période d’engagement du protocole de Kyoto, 5 ou 8 ans. En toute logique, ils devraient aussi s’entendre sur les engagements de réduction d’émission des pays parties à la convention.

Dans la capitale du Qatar, on décidera aussi du lieu où siègera le futur centre des technologies climatiques, fruit des accords de Cancun, en 2010. Concernant l’adaptation, les gouvernements reconnaissent enfin les impacts des événements lents, tels la montée du niveau des mers ou l’acidification des océans. Cette belle avancée ouvre la voie au vote, à Doha, d’un accord sur la politique d’adaptation des pays pauvres aux conséquences des changements climatiques et, sait-on jamais, son financement.

Mais le plus important n’est peut-être pas là. Bonn a aussi été l’occasion de lancer les discussions liminaires sur le gros de la négociation à venir: le futur accord international qui succédera, dès 2015, à Kyoto, mais n’entrera en application effective qu’en 2020.

Un léger vent d’optimisme s’est donc levé sur Bonn, vendredi dernier 25 mai. Rafraichi toutefois par quelques incertitudes. Les négociateurs ont relevé une inhabituelle combativité des négociateurs chinois. «On n’avait pas vu cela depuis la conférence de Copenhague de 2009», estime Paul Watkinson. Posture de négociation, symptôme des difficultés internes que traverse le gouvernement de l’Empire du milieu? L’avenir le dira. Autre mauvaise nouvelle, l’éloignement d’un accord mondial sur la réduction des rejets de l’aviation commerciale et de la marine marchande. Deux sujets phares pour les diplomates… chinois.

Last but not least, l’ONU avait prévu d’organiser une conférence intermédiaire à Bangkok, en septembre prochain. Hélas, faute d’argent, elle pourrait être purement et simplement annulée.

 

 



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