Bonn et ça repart (saison 2) !

Le 04 septembre 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Nous avons les pièces, assemblons le puzzle, propose Laurence Tubiana.
Nous avons les pièces, assemblons le puzzle, propose Laurence Tubiana.
VLDT

A l’issue de 5 jours de négociation à Bonn, l’ONU a reçu mandat pour rédiger le projet d’accord de Paris. Long de quelques pages, le texte devra s’inspirer de l’Outil, publié fin juillet, et des discussions qui se sont tenues cette semaine dans l’ancienne capitale de la RFA. Un travail de haute voltige rédactionnelle et diplomatique.

Près d’une semaine durant, les délégués de 195 pays ont planché sur le texte concocté au début de l’été par l’ONU. Objectif: ramener ce «tool» de 88 pages (en anglais) à un texte sur lequel gouvernements et négociateurs puissent s’accorder avant le sommet climatique de Paris, la COP 21. Pour tenter de faire avancer les discussions, les organisateurs de cette session de négociation, avaient grosso modo scindé les travaux en deux parties.

C’est dans les dernières heures de la conférence de Bonn que l’Algérie a publié ses promesses climatiques (INDC). Alger propose d’abattre de 7 à 22% ses émissions d’ici 2030 (par rapport à un scénario tendanciel). Pour y parvenir, le plus grand pays du Maghreb prévoit d’accroître sa production d’électricité d’origine renouvelable (27% en 2030), de drainer le biogaz de ses décharges, d’équiper un million de véhicules au GPL, d’isoler son parc immobilier et de reboiser 1,2 million d’hectares.

D’un côté, les réunions plénières, processus lourd et rarement productif. De l’autre, des petites réunions thématiques. Verdict des urnes: un demi-succès ou un demi-échec. Au passif du round de la semaine, l’incapacité des experts à produire le texte espéré. A l’actif du bilan: un processus de sortie de crise. Comme elle l’avait déjà fait à l’issue de la réunion de Genève, en février dernier, l’ONU a chargé Daniel Reifsnyder et Ahmed Djoghlaf, co-présidents du groupe de travail spécial de la plate-forme de Durban pour l’action renforcée (AWG-EA), de sabrer dans leur copie. Les délais sont courts: «Les co-présidents devront produire un texte clair, consistant, concis et compréhensible au mois d’octobre», a indiqué Christina Figueres, secrétaire exécutive de la convention de l’ONU sur le changement climatique. C’est le 19 octobre, en effet, que débute la dernière séance de négociation onusienne avant la COP.

Divergences claires et nettes

Les deux diplomates ont organisé leur texte pour en faciliter le rabotage. L’une de ses annexes ressemble furieusement à un projet d’accord de 20 pages. Pour autant, il ne suffira pas de jouer du Tipp-Ex ou de la touche «efface». «Les deux co-présidents devront aussi tenir compte du résultats des discussions qui se sont tenues lors des groupes de travail thématiques», note Pierre Cannet, responsable du programme Climat de la branche française du WWF. Un exercice de haute voltige. Car de ces mini-conclaves sont surtout sorties des divergences claires et nettes entre les parties. «Nous avons toutes les pièces du puzzle. Nous devons maintenant assembler l’image», traduit Laurence Tubiana, ambassadrice de France en charge des questions climatiques. Sans doute plus facile à dire qu’à faire. «Honnêtement, personne n’a encore une vision très claire de ce qui s’est dit dans les 12 groupes de facilitation -lesquels étaient parfois éclatés en deux ou trois sous-groupes», tempère un négociateur.

Focus sur Lima

Pour autant, les pièces se mettent doucement en place. Dorénavant, les négociations vont être coordonnées par un groupe de contrôle présidé, encore eux, par Daniel Reifsnyder et Ahmed Djoghlaf. De nombreuses réunions au sommet vont tenter d’aplanir, ces prochaines semaines, les problèmes qui restent en suspens. Les 6 et 7 septembre, la France accueillera de nombreuses délégations pour évoquer les sujets qui fâchent: adaptation, financement, transfert de technologies, pertes et dommages. Suivra, le 9 octobre à Lima, un sommet très attendu de la Banque mondiale et du Fonds mondial international (FMI). C’est en principe au cours de cette réunion que les pays les plus riches dévoileront les façons dont ils comptent financer l’aide aux pays les plus démunis: 100 milliards de dollars (90 Md€) par an, à partir de 2020. Le suspens est insoutenable.

 

 

 

 



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