Bonn enterre Copenhague

Le 09 août 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Changer de patron des négociations climatiques n’y aura rien fait. Le pénultième round de discussions, qui s’est achevé vendredi 6 août à Bonn, n’a pas permis de progresser d’un pouce sur le chemin d’un accord permettant de prolonger la durée de vie du protocole de Kyoto. C’est même plutôt à une reculade que l’on a assisté.

La réunion avait d’ailleurs mal commencé. Car, à force de tout rediscuter, renégocier, les diplomates ont fait doubler le nombre de pages du projet d’accord présenté au début du printemps. Une inflation qui rappelle celle survenue l’an passé, lors de la préparation du sommet de Copenhague. Des décisions que l’on croyait définitivement adoptées sont sans cesse remises sur le tapis. A Copenhague, la communauté du changement climatique s’était quittée sur la promesse donnée par les pays les plus industrialisés d’aider ceux du Sud à se préparer aux conséquences du « réchauffement », moyennant une aide annuelle de 100 milliards de dollars (75,44 milliards d’euros) à partir de 2020. Un montant désormais jugé insuffisant par les pays africains et par les Etats-îles.

A Copenhague toujours, l’ONU avait ordonné aux parties prenantes de présenter les programmes des objectifs volontaires de réduction d’émission. Ce qu’ils firent dans le courant du premier semestre ; un catalogue de politiques climatiques qui permettraient, selon les études, de réduire de 9 à 18 % les émissions anthropiques de gaz à effet de serre d’ici 2020. Cette dynamique est, elle aussi, battue en brèche.

Désormais, on lui préfère l’idée de gestion commune d’un capital carbone mondial. Sachant que, pour maintenir l’élévation de la température moyenne globale à un niveau inférieur aux 2°C, l’humanité devra émettre moins de 750 milliards de tonnes de GES d’ici 2050. Tout le problème étant d’allouer à chaque pays les quantités de carbone pouvant être émises. Une répartition qui devrait prendre en compte l’histoire industrielle de chacun d’entre eux, leur démographie, etc. En prenant tous les critères d’attribution, le délégué bolivien Pablo Solon a rappelé que si les habitants des pays riches représentent 16 % de la population mondiale, leur part actuelle du gâteau carbonique se monte à 74 %. Inacceptable, bien évidemment.

Dossier que l’on croyait, lui aussi, entériné à Copenhague, le système REDD + a également été rouvert. Certains pays souhaitant même revoir sa définition.

Comme s’il fallait complexifier encore la donne, le négociateur mexicain [le Mexique organise à Cancun le prochain sommet climatique] a fait une étrange proposition. Faute d’un accord global, ce dont la plupart des délégués doutent désormais, Luis Alfonso de Alba a suggéré une prolongation du protocole de Kyoto pour ses 37 parties prenantes, un mini-Kyoto pour les Etats-Unis tout seuls et un accord de réduction d’émission non contraignant pour les pays émergents.

Pour le chef de la délégation européenne, Artur Runge-Metzger, ces discussions virent au « cul-de-sac ». Une impasse dont les diplomates auront bien du mal à s’extraire. Il ne reste plus qu’une semaine de tractations, à Tianjin en octobre, pour préparer la conférence de Cancun. Plus que jamais, l’avenir de la politique climatique internationale s’annonce des plus sombres.

 

 



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