Bonn: avant l’heure, c’est pas l’heure

Le 12 juin 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le centre de conférences de Bonn a provisoirement fermé ses portes.
Le centre de conférences de Bonn a provisoirement fermé ses portes.
IISD

Rarement les discussions climatiques de Bonn ont donné d'aussi faibles résultats.

C’est avec la tête des mauvais jours que négociateurs et observateurs ont quitté Bonn, jeudi 11 juin, à l’issue des deux semaines de négociations climatiques. Deux semaines qui ne se sont pas révélées aussi productives que prévu.

L’un des principaux enjeux de cette conférence était l’allègement du texte qui doit servir de base à l’accord de Paris. En décembre dernier, à l’issue de la conférence de Lima, les diplomates avaient accouché d’un opus comptant 103 articles s’étalant sur 43 pages. Quelques semaines plus tard, les mêmes experts avaient allongé la sauce, à Genève. Leur version affichait le même nombre d’articles, mais sur… 86 pages (dans sa version anglaise).

Parmi les rares succès engrangés à Bonn: Reed+. Ce dispositif doit permettre aux pays du Nord de bénéficier de crédits d’émission, en investissant dans la protection ou la plantation de forêts tropicales (puits de carbone). Après plusieurs années de négociations, ces règles de fonctionnement ont été adoptées à Bonn. Elles devraient être définitivement validées lors de la conférence de Paris.

A Bonn, le processus de réduction a débuté, mais pas assez rapidement au goût de la plupart des observateurs. Le texte publié jeudi soir par l’ONU ne fait plus que… 85 pages et 2.730 mots de moins que la version précédente. «C’est bien la preuve que l’on a progressé», ironise un membre de la délégation française.

Les deux co-présidents du groupe de travail spécial de la plate-forme de Durban pour l’action renforcée (AWG-EA) ont passé leur quinzaine à faire un travail d’édition sur «un texte qui s’y prêtait mal», de l’aveu même d’un négociateur.

Ahmed Djoghlaf et Daniel Reifsnyder se donc vu accorder un délai pour alléger le texte, avec l’aide de «facilitateurs». Ces derniers animeront de petits groupes de travail thématiques pour tenter d’accélérer le processus. Les deux diplomates devront rendre leur copie le 24 juillet, à l’issue d’une réunion informelle des ministres des principaux pays, à Paris.

Les négociateurs ont aussi examiné la synthèse d’un brain storming mené pendant près de deux ans par 70 climatologues internationaux. Résultat des courses: il est fondamental de stabiliser le réchauffement à 2°C. Un objectif encore atteignable, estime les scientifiques, à condition de mettre rapidement en batterie toutes les technologies «bas carbone» disponibles, y compris le stockage géologique du carbone. Faute de quoi, avancent-ils, le climat mondial se réchauffera d’au moins 3°C d’ici la fin du siècle.

Les négociations reprendront quelques jours plus tard, à un rythme acharné. Une séance est prévue lors de la première semaine de septembre à Paris. Elle sera suivie de réunions informelles, en marge de l’assemblée générale de l’ONU, à New York, le 15 septembre, puis du sommet des chefs d’Etat membres de l’ONU, du 25 au 27 septembre.

Un nouveau round de tractations est prévu, entre les 19 et 23 octobre, à Bonn. Il précédera de quelques jours un second sommet ministériel, en préparation de la COP. Les ultimes tractations devraient se dérouler lors du sommet du G20, qui se tiendra à Antalya (Turquie), les 15 et 16 novembre, deux semaines avant l’ouverture du sommet de Paris. «Les négociations, c’est comme une femme enceinte, a rappelé l’ambassadrice française en charge du climat, Laurence Tubiana. Ce n’est qu’à la fin du processus qu’on connaît le résultat.»

 



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