Boissons énergisantes: l’Anses appelle à la prudence

Le 02 octobre 2013 par Romain Loury
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A consommer avec modération.
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Les boissons énergisantes, dont l’excès peut entraîner des effets indésirables cardiovasculaires et neurologiques, doivent être mieux encadrées, conseille l’Anses dans un avis publié mardi 1er octobre.

Autorisées en 2008, les boissons énergisantes seraient un peu plus d’une centaine à être vendues sur le territoire français. La quasi-totalité d’entre elles (96%) contiennent de la caféine, à une teneur moyenne équivalant à deux cafés expresso, les autres excitants les plus courants étant la taurine (52%) et la glucuronolactone (33%). Autant de substances qui suscitent quelques doutes quant à leur sécurité.

En juin 2012, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) a lancé une enquête sur le sujet, après la révélation de deux infarctus mortels en lien avec ces produits. Dans le viseur de l’agence, les cocktails alcoolisés à base de boissons énergisantes, qui atténuent l’impression d’ébriété, et une consommation dans un contexte sportif, en raison d’une confusion fréquente entre boissons énergisantes et boissons énergétiques.

Dans son avis publié mardi, l’Anses fait cette fois-ci état de 257 cas d’effets indésirables rapportés aux autorités depuis 2008 -d’abord à l’Institut de veille sanitaire (InVS), puis à l’Anses depuis 2009-, dont 212 ont pu être analysés. Après examen cas par cas, 25 d’entre eux semblent «vraisemblablement» ou «très vraisemblablement» imputables aux boissons énergisantes.

Parmi eux, un cas d’infarctus, jugé très vraisemblablement lié à ces boissons, chez une jeune fille de 16 ans décédée en discothèque après avoir dansé. L’Anses évoque deux cas similaires, mais d’imputation seulement «possible»: un infarctus mortel chez un garçon de 19 ans en discothèque, un autre chez un garçon de 16 ans, qui en a réchappé, lors d’une pratique sportive.

Selon l’Anses, ces accidents cardiaques surviendraient chez des personnes génétiquement prédisposées, atteintes d’une canalopathie, une malformation généralement non diagnostiquée dont certaines formes toucheraient 1 personne sur 1.000.

Entre autres effets indésirables, l’agence fait état de 6 accidents vasculaires cérébraux (AVC), dont 2 d’imputation possible, ainsi que d’effets psychocomportementaux (irritabilité, nervosité, crises de panique, etc.), neurologiques (épilepsie), gastriques et musculaires.

17% de Français en consomment

Selon l’Anses, 17% des Français de plus de 14 ans consommeraient des boissons énergisantes, dont un tiers au moins une fois par semaine. Possible conséquence d’une autorisation tardive, le phénomène semble moins étendu que dans le reste de l’UE, où l’autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) estime à 30% le taux de consommateurs.

Applicable à partir de décembre 2014, le règlement européen n°1169/2011 concernant l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires prévoit une mention spécifique sur les boissons contenant plus de 150 milligrammes par litre de caféine, les déconseillant aux enfants et aux femmes enceintes et allaitantes. L’Anses propose en outre «d’encadrer la promotion des boissons dites énergisantes auprès de ces populations et dans des contextes de consommation à risques (festifs, sportifs…)».

En Europe, la Lituanie fait figure de pionnière en la matière, avec la promulgation cette année d’une loi interdisant la vente au moins de 18 ans, du fait d’un risque de dépendance des enfants et adolescents à la caféine. En France, une circulaire publiée en 2008 par le ministère de l’éducation en a interdit la vente et la consommation dans les établissements scolaires.

Selon l’Anses, 11,1% des enfants de 3-10 ans et 13,1% des adolescents de 15-17 ans dépasseraient la dose journalière de 1 mg de caféine par kg de poids corporel, au-dessus de laquelle se développeraient un effet de tolérance et des symptômes de sevrage. Pour les premiers, ce sont les boissons fraîches sans alcool qui sont les premiers contributeurs, pour les seconds le café.



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