Bois illégal: Greenpeace dénonce le retard français

Le 04 mars 2015 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Légale ou pas légale, cette grume ?
Légale ou pas légale, cette grume ?
Greenpeace France

En Europe comme en France, les autorités luttent avec lenteur contre le trafic de bois, malgré l’entrée en vigueur en mars 2013 du règlement sur le bois de l’Union européenne (RBUE). Pendant ce temps, les importations douteuses se poursuivent, déplore Greenpeace.

Quatre tonnes, 8,5 mètres de long: déposée ce mercredi 4 février au matin devant le ministère de l’écologie, la grume de bois tropical, acheté à un importateur de La Rochelle, ne sera pas passée inaperçue. Ce faisant, Greenpeace espère alerter l’opinion sur le trafic de bois, dont la France serait la principale porte d’entrée pour celui provenant illégalement du Brésil et de la République démocratique du Congo (RDC).

Contrôle accru du commerce

Pourtant, l’UE est désormais bien armée pour lutter contre ce trafic. Daté d’octobre 2010 mais applicable depuis mars 2013, son RBUE prévoit un contrôle accru du commerce de bois. En France, le règlement a été transposé dans la loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt, publiée en octobre 2014.

Depuis l’entrée en vigueur de ce texte, tout opérateur dans le commerce du bois doit faire preuve de «diligence»: il doit s’assurer, et pouvoir justifier, que le bois qu’il commercialise provient bien d’une récolte légale. L’entreprise peut soit mettre en place son propre «système de diligence raisonnée», soit recourir à un certificateur extérieur [1].

Des autocontrôles sans surveillance

C’est ce contrôle des systèmes de diligence raisonnée que les Etats membres, dont la France, tardent à mettre en place, au risque de laisser le trafic perdurer, déplore Greenpeace. «L’Etat n’est pas en mesure de commencer à contrôler en France, même si le ministère de l’écologie semble avoir pris la mesure du problème», indique Frédéric Amiel, chargé de la campagne forêt de Greenpeace, contacté par le JDLE à l’issue de l’entrevue qu’il a obtenue avec le cabinet de Ségolène Royal.

L’association devrait être recontactée d’ici fin mars pour faire le point. En attendant, l’association a déposé plainte, ce mercredi 4 mars, contre X pour défaut de diligence raisonnée (qui consiste à s’assurer de l’origine du bois) et mise en marché de bois illégal auprès du procureur de La Rochelle. Ce bois provient de la concession de Befale en RDC: exploitée par la société libano-congolaise Cotrefor, il y règne de «nombreuses irrégularités», indique Greenpeace.

[1] La Commission européenne a agréé plusieurs organismes, dont le Français Veritas, le Danois NEPCon, le Néerlandais Control Union Certifications, ainsi que, pour la France, la fédération professionnelle «Le Commerce du Bois», choix que



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus