Boire l’eau de l’Alaska… en Inde

Le 08 septembre 2010 par Sabine Casalonga
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Une entreprise américaine a remis au goût du jour l’idée de transférer l’eau du Nord au Sud, avec l’annonce d’un projet de transport maritime de l’Alaska à l’Inde.

Le 7 juillet, S2C Global Systems a annoncé qu’elle démarrera son transport d’eau de l’Alaska au cours des 6 à 8 prochains mois. Grâce à des tankers de 190.000 tonnes de déplacement, S2C prévoit de vendre l’eau pour des usages à la fois industriels et alimentaires en Inde, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. L’eau sera pompée dans le Lac bleu d’Alaska dont la société True Alaska Bottling (partenaire de S2C) détient en partie les droits.

La compagnie texane estime son extraction maximale d’eau à 12 milliards de gallons (45 milliards de litres) par an sur ce lac, soit moins d’1% du volume pompé par la Californie dans le fleuve Colorado, fait valoir Rod Bartlett, associé d’Alaska Resource Management, partenariat entre S2C et True Alaska Bottling, dans un article du site d’information SolveClimate, du 4 septembre.

S2C prévoit de créer une plate-forme sur la côte ouest de l’Inde en vue de distribuer son or bleu dans les pays de la région. L’entreprise basée à Houston aurait déjà reçu des manifestations d’intérêts de la part de clients potentiels. Elle envisagerait également deux autres plateformes dans les Caraïbes et à l’est de la Chine.

« Je ne pense pas que de tels transferts de cargaisons d’eau, quel que soit leur volume, seront jamais réalisable, en raison du coût de transport de l’eau, en particulier sur l’océan, trop élevé », estime Peter Gleick, président de l’Institut du Pacifique pour les études sur le développement, l’environnement et la sécurité. Selon lui, les projets de désalinisation de l’eau de mer auraient un coût 18 fois moins élevé (1 dollars/mètre cube) que celui prévu par le projet de S2C (18 $/m3).

Au delà des questions financières et logistiques, l’idée de transporter l’eau comme une simple matière première, suscite des réactions contrastées. Le Canada qui détient les plus grandes réserves d’eau douce de la planète, envisage d’interdire son exportation. Le Groenland, l’Islande et la Nouvelle-Zélande tentent au contraire d’attirer les investisseurs, souligne l’auteur de l’article.



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