Bisphénol A: une pétition pour son interdiction

Le 04 mars 2009 par Sabine Casalonga
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baby bottle
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A l’occasion de sa création, le Réseau environnement santé (RES), un regroupement d’ONG, de scientifiques et de professionnels de santé (1) a lancé mardi 3 mars une campagne visant à interdire le bisphénol A (BPA) dans les plastiques alimentaires, en application du principe de précaution.

Le RES a lancé une pétition ouverte au public et adressée aux ministres chargés de la santé et de l’environnement. Au-delà de l’interdiction dans les plastiques alimentaires, il appelle les autorités française à retenir le BPA comme substance prioritaire dans le cadre de la procédure d’évaluation des substances chimiques les plus préoccupantes de Reach.

Le BPA est présent dans de nombreux produits plastique (biberons, bouteilles, fontaines d’eau, revêtement des boîtes de conserve et des canettes). Classé toxique pour la reproduction de catégorie 3 par l’Union européenne (2), le BPA est également suspecté d’être un perturbateur endocrinien particulièrement préoccupant pour les nouveaux-nés et les femmes enceintes. La contamination résulterait principalement d’un contact par voie alimentaire. «Le BPA est suspecté d’être impliqué dans plusieurs cancers, le diabète, les pathologies cardiovasculaires ainsi que les troubles de la reproduction et du comportement», souligne André Cicolella, directeur de la Fondation sciences citoyennes.

Jusqu’à présent, les agences sanitaires telles que l’Afssa et l’Efsa ont conclu à l’absence de risque lié à une ingestion de BPA, même chez les nourrissons. Mais le RES dénonce ces avis qui seraient basés sur une norme inadaptée et ne prendraient pas en compte certaines études en raison de «faiblesses méthodologiques».

Alors que 93% des Américains seraient imprégnés par le BPA selon les données officielles, le RES va lancer une modeste étude de biosurveillance auprès de femmes enceintes françaises afin de mesurer leur taux d’exposition. Le Canada, quant à lui, a pris en octobre dernier la décision d’interdire les biberons contenant du BPA dès 2009 (3), sur la base du principe de précaution.

A l’échelle européenne, le RES et son partenaire Heal demandent aux eurodéputés français de signer la pétition parlementaire d’interdiction du BPA dans les biberons, déjà signée le 10 février par différentes ONG (WECF, Beuc, EEB et les Amis de la terre).

Le RES vise à promouvoir la santé environnementale et le principe de précaution dans les politiques publiques et à peser sur les industriels. Il appelle à organiser un Grenelle Environnement santé, afin de combler les insuffisances du Grenelle de l’environnement, du Plan national santé environnement (PNSE) et du plan Cancer. Enfin, le RES critique l’absence d’expertise contradictoire au sein des agences sanitaires et le choix de critères biaisés pour l’analyse des études, sous la pression des lobbies.

Les pesticides et l’aspartame seront les prochains sujets d’alerte de ce réseau.

(1) Les membres fondateurs regroupent notamment le WWF France, la Fondation sciences citoyennes, le Mouvement pour les droits et le respect des générations futures (MDRGF), le Comité pour le développement durable en santé (C2DS) et la Coordination nationale médicale Santé Environnement (CNMSE). Le RES est soutenu par le réseau européen Heal (Health environment Alliance) et par le réseau européen WECF (Women in Europe for Commun Future). Site internet : http://www.reseau-environnement-sante.fr/
(2) Effets «possibles» chez l’homme, mais informations disponibles insuffisantes
(3) Dans le JDLE «Le Canada interdit les biberons au BPA»



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