Bisphénol A, phtalates: les femmes enceintes contaminées lors de l’accouchement

Le 28 juin 2011 par Geneviève De Lacour
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email

Les femmes accouchant par césarienne ou à l'aide de forceps présentent en moyenne des concentrations plus élevées en bisphénol A (BPA) et en phtalates dans les urines que celles qui accouchent naturellement. C’est ce que révèle une étude de l’Institut de veille sanitaire (InVS) publiée aujourd’hui 28 juin et qui pointe le matériel médical comme source potentiel de contamination.

L'étude-pilote a été réalisée en octobre 2007en Seine-Saint-Denis et en Rhône-Alpes. Elle a porté sur plus de 500 naissances issues de 4 départements et a permis de recueillir et d'analyser 279 échantillons d'urine avec le consentement des familles.

Le premier objectif de cette étude était de valider des procédures de collecte, de stockage et d’analyse des échantillons et d’en tirer des enseignements scientifiques pour mieux dimensionner l’étude Elfe lancée en 2011 au niveau national (voir JDLE). Elle servira donc de modèle à Elfe dont le but est de suivre, jusqu'à l'âge adulte, 20.000 enfants nés en 2011. Le second objectif était de décrire l’imprégnation des mères aux substances les plus émergentes comme les phtalates ou le BPA. L’étude-pilote en livre donc une première estimation.

«Le BPA et les phtalates sont des substances chimiques qui miment les hormones endocrines ou interfèrent avec les fonctions du système hormonal.» Ces perturbateurs endocriniens, utilisés dans les plastiques, «peuvent induire des effets négatifs sur le développement de l'enfant et sur la reproduction», explique l'étude publiée dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH).

Il faut noter que le BPA et les phtalates ont été retrouvés chez plus de 90% des femmes dont l’urine a été prélevée. Et les concentrations analysées sont extrêmement variables d’un sujet à l’autre. «Les concentrations élevées et les différences mises en évidence selon le type d'accouchement suggèrent une exposition particulière en maternité», soulignent les auteurs de l'étude qui mettent en avant le rôle possible du matériel médical. L'enquête a permis de déceler en particulier un relargage de BPA provenant du plastique des poches urinaires et les perfusions utilisées notamment lors de césariennes.
 
«Ces résultats soulèvent des interrogations sur les conséquences de l’exposition des femmes enceintes, et de leurs nouveau-nés via les dispositifs médicaux dans les pays (comme la France) où l’utilisation du BPA et des phtalates n’est pas bannie, et notamment lors de longs séjours hospitaliers, par exemple lors de grossesses pathologiques ou de soins intensifs dans des unités de néonatologie.»
 
Appelant à un approfondissement des études, l’InVS note également que, «outre les risques déjà évoqués sur les fonctions reproductrices, les BPA et les phtalates sont suspectés également d’être des perturbateurs thyroïdiens», avec un possible impact sur le développement cérébral de l’enfant. Ainsi, une exposition fœtale aux phtalates durant le dernier trimestre de la grossesse aurait été récemment associée à des modifications comportementales chez des enfants de 7 à 9 ans.
 
«Ces résultats doivent être pris en compte pour la mise en place d'études de biosurveillance de la population», précise le BEH.


A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus