Bisphénol A : pas d’interdiction totale pour l’instant

Le 18 juin 2010 par Célia Fontaine
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A l'occasion de l'examen par l’Assemblée nationale le 17 juin de la proposition de loi tendant à suspendre la commercialisation de biberons produits à base de Bisphénol A (BPA), déjà inscrite dans le "Grenelle II", le gouvernement a proposé de reporter à janvier 2011 le débat sur l'interdiction totale du BPA dans les autres produits.

Pour mémoire, le BPA est un produit entrant dans la fabrication du polycarbonate et de certaines résines. Il est aujourd’hui largement utilisé dans des matériaux qui rentrent en contact avec des aliments : biberons, vaisselle et récipients plastiques, ou revêtement intérieur de boîtes de conserve. Il est aussi utilisé dans d’autres produits comme les papiers thermiques. On sait qu’un organisme, surtout celui des enfants, exposé à une certaine quantité de BPA, peut voir son système hormonal perturbé.

A l’occasion des discussions, la secrétaire d'Etat à l'environnement, Valérie Létard, est intervenue au nom du Gouvernement : « L’usage courant du Bisphénol A a toujours été considéré comme étant sans conséquences sanitaires. Ce produit ne migre qu’en de faibles quantités du contenant dans lequel il se trouve, vers le contenu qui est consommé ». C’est ce qui a été démontré par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), dans son évaluation des risques relative au BPA publiée en janvier 2007. « L’Efsa a établi une dose journalière acceptable (DJA) de 0,05 milligramme par kilo de poids corporel (p.c.) pour le BPA. La DJA est l'estimation de la quantité d’une substance, exprimée par rapport au poids corporel, qui peut être ingérée quotidiennement pendant toute la vie sans risque notable pour la santé. L’Efsa a constaté que les quantités effectivement consommées par les nourrissons et les enfants étaient largement inférieures à la DJA», confirme l’autorité européenne.

Malgré ces résultats qui se veulent rassurants, de nouvelles questions se posent sur les effets de ce produit à faibles doses. En effet, des publications récentes (1), portant notamment sur le rat, font état de « signaux d’alerte » après une exposition in utero et postnatale, et ceci à des doses inférieures à la DJA.

C’est pourquoi l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) travaille aujourd’hui sur les questions d’interprétation des effets subtils observés sur des animaux de laboratoire. L’Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset) a également été saisie par le ministère de l’environnement pour évaluer l’ensemble des usages pouvant conduire à une exposition environnementale au bisphénol A, et pour identifier d’éventuels substituts ainsi que les dangers associés à ces substituts.

Afin de pouvoir prendre en compte les résultats des différentes études en cours, le gouvernement a proposé de reporter à janvier 2011 le débat sur l'interdiction totale du bisphénol A ailleurs que dans les biberons. Un point sur ces sujets sera fait à la fin de l’année.

 

(1)    American Chemistry Council (2009). DNT study: A dietary developmental neurotoxicity study of bisphenol in rats, WIL- 186056, September 2009, 4796p

 

Dans le JDLE : L’afssa recommande l’étiquetage des produits ; Bisphénol A: l’Afssa va rouvrir son expertise

 



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