Bisphénol A: même au niveau artériel…

Le 29 février 2012 par Romain Loury
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Le bisphénol A (BPA) pourrait favoriser le risque de maladies cardiovasculaires, en particulier de maladies coronariennes, ainsi que le suggère une étude britannique publiée dans la revue Circulation.

Présent entre autres dans les bouteilles en plastique et dans le revêtement intérieur des cannettes, ce perturbateur endocrinien sera interdit dans tout contenant alimentaire à compter du 1er janvier 2014 [1]. Une mesure prise au vu de ses (nombreux) méfaits potentiels, dont la liste vient de s’étendre aux maladies coronariennes.

L’idée n’est certes pas nouvelle, mais l’association n’a jusqu’alors été suggérée qu’avec des taux de BPA mesurés chez des personnes déjà malades. «Théoriquement, il est possible que des patients aient modifié leur régime alimentaire après le diagnostic de la maladie, changeant ainsi leur exposition au BPA», explique l’équipe de Tamara Galloway, de l’université d’Exeter.

C’est ce possible biais que les chercheurs viennent d’éliminer, dans leur étude conduite sur 1.919 personnes de la cohorte EPIC-Norfolk UK, dont 758 ont développé une maladie coronarienne. Dans cette étude, le taux urinaire de BPA a été mesuré à l’entrée dans l’étude, avant même que la maladie ne survienne.

Pour toute hausse de 4,56 nanogrammes par millilitre de BPA (la valeur de l’écart-type), la probabilité de maladie coronarienne augmente de 13%. Un résultat qui subsiste après prise en compte de tous les facteurs de risque, tels que l’obésité, le tabac, le cholestérol et l’absence d’activité physique.

Si «association statistique» ne signifie pas pour autant «relation de cause à effet», les chercheurs avancent d’ores et déjà quelques mécanismes potentiellement à l’œuvre. Notamment les activités œstrogénique et anti-androgénique du BPA, qui pourraient perturber l’action des hormones endogènes sur le système cardiovasculaire.

«Le BPA pourrait être un nouveau facteur de risque cardiovasculaire, au même titre que le tabac, l’hypertension et le cholestérol», juge Tamara Galloway, citée par un communiqué (http://www.pcmd.ac.uk/news.php?id=318) de l’université d’Exeter. La British Heart Foundation (http://www.bhf.org.uk/default.aspx?page=14335) se veut plus rassurante: «Il est clair que s’il y a un lien, le risque est probablement très faible. Les graisses saturées, le sel et le sucre dans les aliments sont beaucoup plus nocifs que tout ce que l’on peut trouver dans l’emballage».

Récemment, le BPA a fait l’objet de trois autres études -espagnole, américaine et chinoise-, mettant en évidence un risque de diabète de type 2, non insulinodépendant. Un lien déjà suggéré pour plusieurs autres perturbateurs endocriniens.

[1] L’interdiction prendra effet un an plus tôt pour les contenants alimentaires destinés aux enfants de moins de trois ans. Cette loi doit encore être examinée par le Sénat.



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