Bisphénol A: les industriels se veulent rassurants

Le 12 janvier 2009 par Sabine Casalonga
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Dans un communiqué du vendredi 9 janvier, l’association européenne des producteurs de matières plastiques, PlasticsEurope, a annoncé la création d’un site internet d’information sur le bisphénol A (BPA) (1) visant à rassurer les consommateurs quant à son impact sur la santé.

La création de ce site est une réponse aux débats médiatiques suscités par la décision du Canada, en octobre dernier, d’interdire, au nom du principe de précaution, les biberons contenant du BPA (2). «PlasticsEurope a décidé de mettre à disposition du public (…) une information fiable et documentée qui présente l’état du consensus scientifique sur le bisphénol A et la santé», précise leur communiqué.

Le BPA, classé toxique pour la reproduction par les autorités européennes au sein de la catégorie 3 -équivalent à un “risque possible de troubles de la fertilité” chez l’homme en raison de preuves apportées chez l’animal- est également suspecté d’être un perturbateur endocrinien.

Une des rubriques «idées reçues» du site indique pourtant «qu’il n’y a pas de preuve scientifique que le BPA soit à l’origine de malformations de naissance, d’effets génétiques et de troubles de la fertilité, ou encore qu’il présente un risque pour les consommateurs à des niveaux d’exposition réalistes». Et les industriels de conclure: «Il n’y a donc, à ce jour, aucun fait avéré nouveau qui conduise à proposer d’éventuelles mesures de précaution, voire d’interdiction».

Les industriels assurent que le BPA est présent en «quantités résiduelles infimes» dans les plastiques en polycarbonates utilisés dans divers produits (biberons, lentilles, DVD, électroménager, ordinateurs, etc.) et dans les résines époxydes (revêtement des boîtes de conserve et cannettes). Si «une partie du BPA résiduel est susceptible de migrer au contact de denrées alimentaires», «de nombreuses études montrent que le niveau de migration est de loin inférieur aux normes de sécurité établies par les organismes publics», soulignent-ils.

En août dernier, l’administration américaine de l’alimentation et des médicaments (FDA) a en effet estimé que la présence de bisphénol A (BPA) dans les emballages alimentaires ne présentait pas de danger (3). En octobre, l’Agence française de sécurité sanitaire et des aliments (Afssa) a conclu que le chauffage au micro-ondes des biberons contenant du BPA n’induisait pas non plus de risque pour la santé.

Pourtant, une étude publiée en septembre dernier dans la revue scientifique américaine Jama (Journal of the american medical association), avait suggéré un lien entre la présence de taux urinaires élevés de BPA et l’augmentation du risque de pathologies cardiovasculaires et de diabète (4). Mais, dans un avis publié en octobre, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), a jugé ces preuves insuffisantes pour entraîner une révision des doses journalières acceptables de BPA, établies à 0,05 milligramme par kilogramme de poids corporel (5).

Les auteurs de l’éditorial de la revue avaient estimé que le refus de réduire l’exposition de la population au BPA, sans attendre que la toxicité de cette substance soit avérée, était assimilable aux pratiques exercées par certains industriels auprès de la FDA et de l’Efsa.

(1) www.bisphenol-a-europe.org
(2) Dans le JDLE «Le Canada interdit les biberons au BPA»
(3) Dans le JDLE «BPA: les autorités américaines rassurantes»
(4) Dans le JDLE «Lien entre BPA et pathologies cardio-vasculaires chez l’adulte»
(5) Dans le JDLE «BPA: les doses journalières acceptables ne seront pas changées»


A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus