Bisbilles renouvelables américano-chinoises

Le 18 octobre 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les relations ne sont pas prêtes de se réchauffer entre les Etats-Unis et la Chine. Après le clash survenu au début du mois entre les deux grandes puissances, lors du sommet climatique de Tianjin (lire JDLE), une nouvelle affaire risque d’attiser les braises. Elle concerne cette fois les énergies renouvelables.

Vendredi 15 octobre, l’administration Obama a accepté d’examiner le bien-fondé d’une plainte déposée par le syndicat américain de la métallurgie (USW, selon l’acronyme anglais).

L’USW reproche à la Chine son protectionnisme dans le secteur des énergies vertes : restriction d’accès aux terres rares chinoises (nécessaires pour la fabrication de composants électroniques), transfert de hautes technologies obligatoires, obligation d’intégrer 80 % de composants chinois dans les produits vendus en Chine, aides publiques illégales. Selon l'USW, Pékin aurait ainsi accordé plus de 216 milliards de dollars de subventions aux fabricants de technologies visant à réduire les émissions carbonées.

Washington dispose désormais de 90 jours pour déterminer si cette plainte peut être envoyée à l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Comme on pouvait s’y attendre, la démarche a fait bondir les dirigeants chinois. « Les Etats-Unis ont accordé 4,6 milliards de dollars (3,29 milliards d’euros) de subventions en espèces aux entreprises qui opèrent dans les nouvelles énergies au cours des 9 premiers mois de 2010, dont 3 milliards $ (2,15 milliards €) pour l'énergie éolienne », a répliqué dimanche Zhang Guobao, responsable du bureau national chinois de l'énergie. « A l'inverse de l'attitude positive de la Chine, les Etats-Unis ont promulgué un acte en 2009 pour subventionner les secteurs des énergies renouvelables, de l'efficacité énergétique et des réseaux électriques intelligents. Parmi les subventions accordées, 25,2 milliards $ (18,06 milliards €) sont allés au secteur des énergies renouvelables », a-t-il indiqué.

« Le marché chinois de l'énergie éolienne s'élevait à 85 milliards de yuans (9,72 milliards d’euros) en 2009, et environ 21 % des équipements ont été importés de l'étranger », a-t-il poursuivi, ajoutant que cela montrait que l'énergie éolienne de Chine fournissait de larges opportunités aux producteurs étrangers.

Pour autant, la Chine entend rester le premier investisseur mondial en matière d’énergies vertes. L’an passé, rappelle un récent rapport du Pew Institute américain, l’empire du Milieu a dépensé 34,6 milliards $ (24,8 milliards €) et les Etats-Unis18,6 milliards $ (13,33 milliards €). Parallèlement, la banque publique, China Development Bank, a indiqué vouloir consacrer 42 milliards $ (30,11 milliards €) au soutien des constructeurs chinois de panneaux solaires et d’aérogénérateurs.

Pour ce dernier domaine, les perspectives sont d’ailleurs impressionnantes.

Selon le China Wind Power Outlook 2010, la capacité éolienne installée en Chine pourrait atteindre, au minimum, 150.000 mégawatts (dont 32.800 MW offshore) en 2020, contre 26.000 MW fin 2009.



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