Bioplastique: une opportunité pour l'industrie

Le 30 novembre 2005 par Christine Sevillano
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plastique
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De grands industriels du plastique soutiennent l'amendement de la loi d'orientation agricole sur l'interdiction des sacs, mais ils ne veulent pas que cela se limite aux seuls sacs de caisse. Ils affirment que l'avenir de leur activité en dépend.

Alors que le 1er décembre s'ouvre la commission mixte paritaire sur la loi d'orientation agricole, le groupe SPhere (anciennement SP Metal) (1) a rappelé les enjeux représentés pour l'industrie du film plastique par l'amendement visant à interdire les sacs plastiques d'ici 2010. L'Assemblée nationale avait adopté en première lecture l'interdiction de la commercialisation et de la distribution de sacs et emballages en plastiques non biodégradables en France à partir du 1er janvier 2010, mais le Sénat ne l'avait suivie que sur les sacs de caisse. Pour les professionnels du film plastique engagés sur le bioplastique, les sénateurs ne vont pas assez loin: «En fait, cet amendement ne servira à rien puisqu'en 5 ans, ils ont déjà été diminués de moitié avec une forte accélération ces derniers mois, ils auront donc de toute façon disparu en 2010. Alors que nous sommes capables de tenir l'échéance pour l'ensemble des sacs (caisse, poubelles, fruits et légumes, congélation, etc.)», explique John Persenda, PDG de SPhere.

Pour SPhere et d'autres grands industriels, cet amendement prenant en compte l'ensemble des sacs est capital pour la survie de l'industrie du film plastique qui va pouvoir innover pour des produits biodégradables: «Le Sénat écoute les lobbies pétroliers, mais notre industrie est en danger. Aujourd'hui, l'Europe a une avance en matière de bioplastique par rapport à ses concurrents qu'elle ne doit pas perdre. Nous préférons l'innovation à la protection, même si nous avons tout de même dû la réclamer», affirme le PDG. En effet, les grands industriels ont parallèlement déposé un recours antidumping auprès de l'Union européenne (UE) face à l'Asie dont sont issus 90% des sacs britanniques et 50% des sacs français. Mais ils ne devraient pas obtenir gain de cause puisque les requérants doivent représenter 25% des industriels, alors qu'ils ne sont que 24,5%. «L'une des 2 solutions doit être adoptée pour éviter notre disparition. Toutefois, la première semble plus durable. Ma société fait 2.000 tonnes de bioproduits et je suis prêt à modifier la totalité de ma production de 150.000 tonnes», assure John Persenda.

Les bioplastiques ne représentent que 0,8% des films et emballages plastique, ce sont surtout des films agricoles, des sacs poubelles et des barquettes de cuisine. «Le problème: parce qu'ils sont peu nombreux, ils sont coûteux. Pourtant ils ne nécessitent aucune transformation de matière première. On utilise simplement de la fécule de pomme de terre», poursuit John Persenda. Ce qui rapporterait de nouveaux débouchés pour l'agriculture puisque 400.000 tonnes de bioplastiques nécessiteront 1 million de tonnes de pommes de terre. Le caractère biodégradable des sacs est intéressant, selon le PDG, d'autant plus que 50% des sacs partent à la décharge, alors que seulement 8 à 9% sont utilisés dans le compostage et un tiers finit en incinération.

Si les sénateurs sont frileux, les députés vont trop loin: «Nous ne sommes pas prêts techniquement pour les emballages plastique car cela signifie aussi les emballages des lessives des produits d'entretien ou de cosmétiques», conclut le PDG de SPhere. Les sacs plastique représentent un tiers du film plastique et 10% de l'industrie plastique.



(1) Leader européen de l'emballage ménager avec un chiffre d'affaires de 300 millions d'euros


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