Biomasse: les à-peu-près de la SNMB, selon l’Ae

Le 28 mars 2017 par Marine Jobert
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Quelles biomasses pour demain?
Quelles biomasses pour demain?
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L’Autorité environnementale (Ae) s’est penchée sur la stratégie nationale de mobilisation de la biomasse, qui encadre les déclinaisons régionales en cours d’élaboration.

Mobiliser plus de biomasse, c’est bien. Y parvenir en atténuant le changement climatique, en n'appauvrissant pas les sols agricoles et forestiers ainsi que la biodiversité, et en ne portant pas atteinte à la qualité des eaux et de l’air, c’est mieux. C’est à cette aune que l’Ae vient de rendre un avis sur la stratégie nationale sur la mobilisation de la biomasse (SNMB). Au cœur du dispositif: anticiper les besoins et les disponibilités en matière de biomasse forestière et agricole, d’effluents d’élevage et de déchets (déchets verts et ligneux urbains, biodéchets des ménages, de la restauration et des supermarchés, bois, produits du bois et boues des stations d’épuration)[1]. Comme les politiques opérationnelles seront définies dans les schémas régionaux biomasse, ce document national se cantonne le plus souvent à des «recommandations».

Granulés importés

Principale critique de l’Ae: les analyses de la SNMB et de son évaluation environnementale sont fortement marquées par quelques postulats, qui ne garantissent pas a priori l’atteinte des objectifs environnementaux affichés, ni un impact environnemental moindre visé par les recommandations et les mesures de la SNMB. Exemple: le fait de considérer que les importations de biomasse, y compris de granulés bois en provenance d’Amérique du Nord, ne seront que marginales et transitoires, le temps qu’une filière nationale se mette en place et qu’il n’est pas nécessaire de les appréhender. Et ce alors qu’au moins deux grands projets peuvent être identifiés (Compagnie parisienne du chauffage urbain à Saint-Ouen, Centrale biomasse de Provence-Uniper [ex E.On] à Gardanne) qui sont fortement dépendants d’importations de granulés au moins jusqu’après 2026). «Ce biais méthodologique fait obstacle à une évaluation environnementale permettant de prendre en compte l’ensemble des variantes, sans préjuger pour autant de celles qui pourraient être les plus favorables», estime l’Ae.

Concurrence entre usages

Tout en saluant «une réelle volonté d’identifier et d’assumer tous les enjeux environnementaux liés à une mobilisation de volumes supplémentaires conséquents de biomasse», l’Ae s’interroge sur la capacité opérationnelle des 48 recommandations du plan d’action, telles qu’actuellement formulées, à déclencher cette mobilisation et à en garantir la durabilité (notamment au regard des sols, de la biodiversité, des émissions de gaz à effet de serre), tout en minimisant les concurrences entre usages (alimentaire, biocarburants, agriculture, matériaux, énergie...).

Moindre dépendance aux fossiles

Enfin, les experts du Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD) demandent à l’Etat de préciser la durabilité des mesures: en incluant au moins l’évolution du contenu carbone et des atteintes à la biodiversité des productions prévues à partir de la biomasse, selon les différentes filières mobilisées; et en précisant la part de cette stratégie dans l’effort du pays pour l’atténuation du changement climatique et l’adaptation à ce dernier, pour la réduction de la dépendance aux énergies fossiles et la création d’emplois non délocalisables.



[1] La ressource des productions agricoles de type alimentaire, utilisée par exemple pour les biocarburants conventionnels ou pour la méthanisation et les combustibles solides de récupération (CSR), n’est pas concernée.

 



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