Biogaz : la production attendue d’ici 2020 est encore trop faible

Le 22 novembre 2010 par Sabine Casalonga
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La production de biogaz pourrait passer de 7 à 11,5 térawattheures (TWh) d’énergie primaire de 2008 à 2020 sans atteindre toutefois les objectifs du Grenelle, d’après l’étude de marché de la méthanisation et des valorisations du biogaz publiée ce 22 novembre par l’Ademe et Gaz réseau distribution France (GrDF).

Réalisée par le cabinet Ernst & Young, l’étude prend en compte les avancées intervenues depuis le précédent rapport de 2004, telles que la revalorisation du tarif d’achat de l’électricité issue du biogaz en 2006 et l’avis favorable de l’Afsset  (désormais Agence nationale de sécurité sanitaire: Anses)sur l’injection de biogaz dans les réseaux en 2008 [voir le JDLE].

En 2008, la France recensait 481 sites de production de biogaz, dont 301 installations de stockage des déchets non dangereux (ISDND) et 180 installations de méthanisation. Ces dernières, détenues à 90 % par les secteurs de l’industrie et de l’épuration urbaine en place depuis les années 80, produisent près du quart de l’énergie primaire issue de biogaz en 2008, soit 300 millions de mètres cubes (les trois quarts étant fournis par les ISDND). A côté des secteurs récents des déchets ménagers et agricoles, émergent des projets centralisés regroupant des déchets divers (agricoles, agro-industriels, ménagers). Sur les 7 TWh d’énergie primaire issus de biogaz produits en 2008, seuls 3,9 TWh (60 %) sont valorisés en raison notamment de manque de débouchés chaleur de proximité.

D’ici 2020, l’étude anticipe une multiplication par trois de l’énergie produite par les installations de méthanisation, soit 5,5 TWh), grâce à 600 usines (contre 180 aujourd’hui). Quant à la production des installations de stockage, elle devrait rester stable à 6 TWh, avec 250 usines (contre 288 en 2010). Ces chiffres restent toutefois bien en dessous du potentiel français de production de biogaz estimé entre 80 et 180 TWh par an.

Dans le secteur des ordures ménagères, l’étude prévoit la création de 15 installations supplémentaires d’ici 2015 (contre 6 en 2010), puis 1 à 3 par an jusqu’en 2020. Le secteur agricole, encore au stade embryonnaire (avec une vingtaine d’installations en 2010), devrait connaître une croissance de 5 à 20 unités par an d’ici 2020. « Ces perspectives montrent que les propositions du Comop 15 du Grenelle de l’environnement de 1.000 installations de méthanisation agricole supplémentaires d’ici 2013 ne pourront être atteintes dans un contexte identique à celui d’aujourd’hui », note le rapport.

Concernant le secteur industriel, l’étude anticipe une croissance de 1 à 5 installations par an d’ici 2020, même si son potentiel est plus difficile à évaluer. Le secteur des stations d’épuration devrait enfin connaître une croissance de 2 à 5 installations par an d’ici 2020.

Quant à la valorisation énergétique du biogaz, le rapport prévoit que « la tendance restera à la cogénération (…), avec le développement probable de l’injection dans les réseaux de gaz naturel et l’émergence de la valorisation carburant, actuellement observé à l’échelle européenne ».

Nécessaire pour atteindre l’de 23 % d’énergies renouvelables d’ici 2020 fixé par le Grenelle, le développement de la méthanisation dépendra de la rentabilité des installations (notamment via la revalorisation du tarif d’achat et la création d’un tarif d’achat de biométhane), des retours d’expérience et d’une simplification des démarches administratives, indique le rapport.

La programmation pluriannuelle des investissements (PPI) prévoit 6.500 gigawattheures (GWh) de chaleur produite à partir de biogaz d’ici 2020. Or les perspectives de 3.860 GWh d’énergie finale à l’horizon 2020, estimées dans ce rapport, ne permettent pas d’atteindre cet objectif. Idem pour les objectifs de la PPI électricité (2.300 mégawatts électriques –MWe- installés à partir de biomasse), dont le biogaz participerait à hauteur de 10 % avec une puissance installée de 250 MWe. La production de biométhane (injection ou biocarburant) devrait atteindre 1.210 GWh/an en 2020.

« La nature des mécanismes de soutien qui découleront des textes d’application de la Loi Grenelle 2 influenceront très fortement le profil de la filière biogaz, le rythme de son développement, la taille et le type d’installations, ainsi que les modes de valorisations du biogaz », concluent les auteurs du rapport.

 



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