Biodiversité tropicale: la double menace climatique

Le 25 mars 2016 par Romain Loury
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Les espèces tropicales s'éparpillent moins en altitude
Les espèces tropicales s'éparpillent moins en altitude

Moins tolérantes aux variations de température que celles des zones tempérées, les espèces tropicales sont particulièrement vulnérables au changement climatique. Peut-être plus qu’on ne le pensait, révèle une étude taïwanaise publiée jeudi 24 mars dans Science.

En 1967, le biologiste américain Daniel Janzen expliquait que dans les zones tropicales, où les écarts intersaisonniers de température sont moindres qu’en climat tempéré, les espèces avaient développé une moindre tolérance thermique. Raison pour laquelle la gamme de répartition en altitude est plus restreinte pour les espèces tropicales que pour les tempérées.

Favorisant les épisodes climatiques extrêmes, le réchauffement devrait chambouler la stabilité tropicale, au péril de ces espèces, pour qui elle est un gage de survie. Or un autre élément pourrait aggraver la situation, révèle l’étude publiée jeudi par l’équipe de Sheng-Feng Shen, du Centre de recherche sur la biodiversité de Taipei (Taïwan).

Plus de 16.500 espèces analysées

Etudiant la gamme de répartition en altitude de plus de 16.500 espèces de vertébrés (rongeurs, chauves-souris, oiseaux, reptiles, batraciens), les chercheurs se sont non seulement penchés sur les variations entre saisons, mais aussi sur les variations au cours d’une journée.

Conformément à la théorie de Janzen, les espèces vivant dans les zones à plus forte variation intersaisonnière sont moins sensibles à la température, et occupent une plus grande gamme d’altitude. C’est tout l’inverse pour les variations au cours de la journée: là où la température varie le plus en 24 heures, les espèces s’éparpillent moins.

Il y a donc doublement péril en la demeure pour les espèces tropicales: les variations vont se creuser entre les saisons, mais elles vont au contraire diminuer sur une journée de 24h, du fait que la température de nuit augmente plus vite que celle de jour. Ce qui pourrait aussi menacer certaines espèces tempérées de montagne, elles aussi habituées à de fortes variations jour-nuit, concluent les auteurs.



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