Biodiversité: quels sont les bouts de Terre à protéger à tout prix?

Le 14 novembre 2013 par Marine Jobert
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Parc Naturel National de la Sierra Nevada de Santa Marta en Colombie, le site le plus irremplac?able du monde pour les espe?ces menace?es.
Parc Naturel National de la Sierra Nevada de Santa Marta en Colombie, le site le plus irremplac?able du monde pour les espe?ces menace?es.
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Quelles sont les aires protégées les plus importantes pour empêcher l’extinction d’espèces de mammifères, d’oiseaux et d’amphibiens dans le monde? C’est tout l’objet d’un article publié le 15 novembre dans la revue Science, sous la houlette du Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive[1] de Montpellier, en collaboration avec l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), le Centre mondial de surveillance de la conservation de la nature du Programme des Nations unies pour l'environnement et BirdLife International. Objectif: calculer le caractère irremplaçable de chaque aire protégée pour la survie des espèces sur le long terme.

 

Les chercheurs se sont penchés sur une base de données comprenant 173.000 aires protégées terrestres et 21.500 espèces évaluées par la liste rouge des espèces menacées de l’UICN. Parmi cette masse de données, 78 sites (comprenant 137 aires protégées dans 34 pays) ont été identifiés comme étant des sites «exceptionnellement irremplaçables». Et pour cause: si on rassemblait tous leurs «habitants» on aurait, face à soi, la majorité des populations de plus de 600 espèces d’oiseaux, d’amphibiens et de mammifères.

 

Non seulement la survie de la moitié d’entre eux est menacée dans le monde, mais dans la plupart des cas, ces aires protègent des espèces qui ne peuvent être trouvées nulle part ailleurs. C’est le cas du canard de Laysan (Anas laysanensis), une espèce en danger critique d’extinction du refuge national de la faune et de la flore des îles Hawaiiennes (Etats-Unis). «Ces lieux exceptionnels seraient tous de bons candidats pour être classés au patrimoine mondial de l’Unesco, détaille Soizic Le Saout, co-auteure de l’étude. Une telle reconnaissance pourrait assurer une protection plus efficace de l’exceptionnelle biodiversité de ces aires du fait des normes exigées pour les sites inscrits comme patrimoine mondial.»

 

La France abrite deux de ces aires protégées irremplaçable: le parc naturel régional de la Martinique et le parc national de la Guadeloupe, particulièrement importants pour la conservation des oiseaux.

 

Mais l’édiction d’un statut de protection ne suffit pas, notent les auteurs; il doit s’accompagner de mesures de gestion efficaces. «Par exemple, les réserves forestières protectrices nationales de Páramo Urrao, en Colombie, n’existent pas vraiment sur le terrain, explique Paul Salaman, un expert en biodiversité colombienne et directeur général de Rainforest Trust. Elles furent créées légalement en 1975 mais n’ont jamais fait l’objet d’une réelle gestion de protection.» Une gestion efficace, dans un contexte budgétaire tendu, s’impose donc.

 

Avant que la pluie ne tombe sans discontinuer sur la terre pendant 40 jours et 40 nuits, Noé prit à bord de son arche 30 espèces d’animaux, comme le lui demandait Dieu. En filigrane de ce travail, une question: la biodiversité mondiale en serait-elle arrivée à un tel stade d’effondrement qu’il faille se poser la question de désigner des zones irremplaçables, renvoyant les autres à un sort (encore) moins enviable?...

 



[1] (CNRS/Universités Montpellier 1, 2 et 3/SupAgro/CIRAD/IRD/INRA/EPHE)

 

 



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